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Tome douzième.
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L E T T R E S

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marche, & je n’en manque pas aujourd’hui que j’y reste unifous vos auspices, contre Pespoir de tant de gens qui voudroientm’en voir séparé. II n’y a rien là de bien étonnant; tout cequi m’honore ôc me console déplaît à mes ennemis ; & ceuxqui voudroient rendre la Religion méprisable, sont fâchésqu’un ami de la vérité la professe ouvertement. Nous connoif-sons trop, vous & moi, les hommes pour ignorer à combiende pallions humaines le feint zele de la foi sert de manteau,ôc l'on ne doit pas s’attendre à voir l’athéisme & Pimpiétéplus charitables que n’est Phypocriíìe ou la superstition. J’espere,Monsieur, ayant maintenant le bonheur d’être plus connu devous, que vous ne voyez rien en moi qui démentant la décla-ration que je vous ai faite, puisse vous rendre suspecte ma dé-marche , ni vous donner du regret à la vôtre. S’il y a des gensqui m’âccusent d’être un hypocrite, c’est parce que je ne suispas un impie; ils se sont arrangés pour m’accufer de l’un oude l’autre, fans doute, parce qu’ils n’imaginent pas qu’onpuisse sincèrement croire en Dieu. Vous voyez que de quel-que maniéré que je me conduise , il m’est impossible d’échap-per à Pune des deux imputations. Mais vous voyez auffi que sitoutes deux font également destituées de preuves, celle d’hy-pocrisie est pourtant la plus inepte; car un peu d’hypocrisiem’eut sauvé bien des disgrâces ; & ma bonne foi me coûte assezcher, ce me semble, pour devoir être au-dessis de tout soupçon.

Quand nops avons eu , Monsieur, des entretiens fur monouvrage ( * ) , je vous ai dit dans quelles vues il avoit été pu-blié , Ôc je vous réitéré la même chose en sincérité de cœur.

( * ) II est question de i’Emile.

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