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LETTRE
A M. TFATELE T.
Motiers, 176;.
V*0 u s me traitez en Auteur, Monsieur ; vous me faites de scomplimens fur mon livre. Je n’ai rien à dire à cela, c’estl’ufage, Ce même usage veut auffi, qu’en avalant modestementvotre encens , je vous en renvoie une bonne partie. Voilàpourtant ce que je ne ferai pas ; car quoique vous ayez destalens très-vrais , très-aimables, les qualités que j'honore envous , les effacent à mes yeux ; c’est par elles que je vous fuisattaché ; c’est par elles que j’ai toujours désiré votre bienveil-lance; 6c l’on ne m’a jamais vu rechercher les gens à talensqui n’avoíent que des talens. Je m’applaudis pourtant de ceuxauxqueìs vous m’affurez que je dois votre estime, puifqu’ils meprocurent un bien dont je fais tant de cas. Les miens telsquels, ont cependant si peu dépendu de ma volonté, ils m’ont;attiré tant de maux, ils m’ont abandonné si vite, que j’auroisbien voulu tenir cette amitié dont vous permettez que je meflatte, de quelque chose qui m’eût été moins funeste, 6c que jepusse dire être plus à moi.
Ce fera, Monsieur, pour votre gloire , au moins je le désiré6c je Fefpere, que j'aurai blâmé le merveilleux de l’Qpéra. Sij’ai eu tort, comme cela peut tres-bien être , vous m’aurezréfuté par le fait ; 6c si j’ai raison , le succès dans un mauvaisgenre, n’en rendra votre triomphe que plus éclatant. Vous