DIVERSES. z8i
je ? Je ne fus jamais bien grand’chofe ; maintenant je ne fuisplus rien ; je me regarde comme ne vivant déjà plus. Ma pau-vre machine délabrée me laissera jusqu’au bout, j’espere , uneame faine quant aux sentimens & à la volonté ; mais du côtéde Fentendement & des idées, je fuis auffi malade de Felprit quedu corps. Peut-être est-ce un avantage pour ma situation. Mesmaux me rendent mes malheurs peu sensibles. Le cœur fe tour-mente moins quand le corps souffre , ôc la nature me donne tantd’affaires que Finjustiçe des hommes ne me touche plus. Leremede est cruel, je Favoue , mais enfin c’en est un pour moi.Car les plus vives douleurs me laissent toujours quelque relâ-che , au lieu que les grandes afflictions ne m’en laissent point.II est donc bon que je souffre , Ôc que je dépérisse pour êtremoins attristé ; & j’aimerois mieux être Scarron malade , queTimon en santé. Mais si je fuis désormais peu sensible auxpeines , je le fuis encore aux consolations ; ôc c’en fera tou-jours une pour moi d’apprendre que vous vous portez bien,que vous êtes heureux , ôc que vous continuez de m’aimer,.Je vous salue 4 Monsieur » ôc vous embrasse de tout moq.pœuiv
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