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Tome douzième.
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LETTRES

sur ce que vous me disiez de votre caractère, que fur ce quim’étoit connu du sien. Je crus trouver dans fa manie de s’af-ifìcher, car c’est une savante 6c un bel esprit en titre , la rai-son du mal-aise intérieur dont vous me faisiez le détail; jecommençai par attaquer cette manie, comme si c’eût été lavôtre, 6c je ne doutai point, qu’en vous ramenant à vous-mcme, je ne vous rapprochasse du repos, dont rien n’est pluséloigné, selon moi, que Tétât âne femme qui s’affiche.

Une lettre faite fur un pareil quiproquo, doit contenir biendes balourdises. Cependant il y avoit cela de bon dans monerreur ; qu’elle me donnoit la clef de Tétât moral de celle àqui je pensois écrire ; 6c fur cet état supposé, je croyois entre-voir un projet à suivre , pour vous tirer des angoisses que vousme décriviez, fans recourir aux distractions qui, selon vous ,cn sont le seul remede, 6c qui selon moi, ne sont pas mêmeun palliatif. Vous m’apprenez que je me fuis trompé, & queje n’ai rien vu de ce que je croyois voir. Comment trouve-rois-je un remede à votre état, puisque cet état m’est incon-cevable ? Vous m’êtes une énigme affligeante 6c humiliante. Jecroyois connoítre le cœur humain, 6c je ne connoìs rien auvôtre. Vous souffrez 6c je ne puis vous soulager.

Quoi ! parce que rien d’étranger à vous, ne vous contente,vous voulez vous fuir, 6c parce que vous avez à vous plaindredes autres, parce que vous les méprisez, qu’ils vous en ontdonné le droit, que vous sentez en vous une ame digne d’es-time , vous ne voulez pas*vous consoler avec elle , du méprisque vous inspirent celles qui ne lui ressemblent pas ? Non ,je n’eatends rien à cette bizarrerie , elle me passe.