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Tome douzième.
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391 LETTRES

du sentiment qui réfléchit sur vous-méme, il vient au contrairede celui qui vous lie encore à votre insçu, aux choses dontvous vous croyez détachée , & dont peut-être vous désespérezseulement de jouir ; je voudrois que cela fût ; je verrois uneprise pour agir ; mais si vous accusez juste, je n’en vois point.Si j’avois actuellement fous les yeux votre premiere lettre, ôcplus de loisir pour y réfléchir, peut-être parviendrois-je à vouscomprendre , & je n’y épargnerais pas ma peine ; car vousm’inquiétez véritablement, mais cette lettre est noyée dansdes tas de papiers ; il me faudrait pour la retrouver plus detems qu’on ne m’en laisse ; je fuis forcé de renvoyer cette re-cherche à d’autres momens. Si Pinutilité de notre correspon-dance ne vous rebutoit pas de nfécrire, ce serait vraisembla-ment un moyen de vous entendre à la fin. Mais je ne puisvous promettre plus d’exactitude dans mes réponses, que jene fuis en état d’y en mettre ; ce que je vous promets , & queje tiendrai bien, c’est de m’occuper beaucoup de vous, & dele vous oublier de ma vie. Votre derniere lettre, pleine detraits de lumières & de sentimens profonds, m’affecte encoreplus que la précédente. Quoique vous en puissiez dire, je croi-rai toujours qu'il ne tient qu’à celle qui Pa écrite , de fe plaireavec elle-même, & de fe dédommager par-là des rigueurs deson sort.

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LETTRE