39 ?
DIVERSES.
ceux-ci de ces principes de la politique moderne, qu’il seroità deíìrer que tous les hommes de votre rang blâmassent ainíìque vcus. Auffi, quoique PAhbé de Mably soit un honnêtehomme rempli de vues très-saines, j’ai pourtant été surpris dele voir s’élcver dans ce dernier ouvrage, à une morale íì pure& si sublime. C’cst pour cela, sans doute, que ces entretiens,d’ailleurs très - bien faits , h’ont eu qu’un succès médiocreen France; mais ils en ont eu un très-grand en Suisse, où jevois avec plaisir qu’ils ont été réimprimés.
J’ai le cœur plein de vos deux dernieres lettres. Je n’en re-çois pas une qui n’augmente mon respect, & si j'ose le dire,mon attachement pour vous. E'homme vertueux , le grandhomme élevé par les disgrâces, me fait tout-à-fait oublier lePrince & le frere d’un Souverain ; & vu l’antipathie pour cetétat qui m'est naturelle , ce n’est pas peu de m’avoir amené là.Nous pourrions bien cependant, n’être pas toujours de mêmeavis en toute chose, & par exemple , je ne suis pas trop con-vaincu qu’il suffise , pour être heureux, de bien remplir les de-voirs de son emploi. Sûrement Turenne en brûlant le Palatinat,par l’ordre de son Prince, ne jouissait pas du vrai bonheur; &je ne crois pas que les Fermiers-Généraux les plus appliquésautour de leur tapis verd , en jouissent davantage : mais si cesentiment est une erreur, elle est plus belle en vous que la véritémême ; elle est digne de qui fut se choisir un état, dont tousles devoirs font des vertus.
Le cœur me bat à chaque ordinaire, dans l’attente du mo-ment désiré qui doit tripler votre être. Tendres époux que vousêtes heureux ! que vous allez le devenir encore , en voyant
H