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Tome douzième.
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LETTRES

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suspect? Qu’avois-je à faire en pareil cas? — lui remettreune réponse dont, à tout événement, on ne pût tirer d’éclair-cissement ; c’est ce que je fis.

Je voudrois à présent vous parler de nos affaires & de nosprojets, mais ce n’en est gueres le moment. Accablé de foins,d’embarras ; forcé d’alîer me chercher une autre habitation àcinq ou six lieues d’ici, les seuls soucis d’un déménagementtrès - incommode m’absorberoient quand je n’en aurois pointd’autres ; & ce font les moindres des miens. A vue de pays ,quand ma tête fe remettroit, ce que je regarde commeimpossible de plus d’un an d’ici, il ne feroit pas en moi dem’occuper d’autre chose que de moi-même. Ce que je vouspromets, Sc fur quoi vous pouvez compter dès à présent, estque pour le reste de ma vie, je ne serai plus occupé que demoi ou de la Corse : toute autre affaire est entièrement banniede mon esprit. En attendant, ne négligez pas de rassemblerdes matériaux, soit pour Phistoire, soit pour Pinstitution ; ilsfont les mêmes. Votre gouvernement me parait être fur unpied à pouvoir attendre. J’ai parmi vos papiers, un mémoiredaté de Vescovado 1764 , que je présume être de votre façon,Sc que je trouve excellent. L’ame ôc la tête du vertueux Paoliferont plus que tout le reste. Avec tout cela pouvez-vous man-quer d’un bon gouvernement provisionnel? Auísi bien, tantque des puissances étrangères se mêleront de vous, ne pourrez-vous gueres établir autre chose.

Je voudrois bien, Monsieur, que nous puisions nous voir :deux ou trois jours de conférence éclairciraient bien des cho-ses. Je ne puis gueres être assez tranquille cette année pour