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Tome douzième.
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LETTRES

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vent íort mal, & Pair de ridicule & de mépris qu’il jette fusdes sentimens respectés des hommes , rejaillissant fur les hom-mes mêmes , me paroît un outrage fait à la société. Voilà monsentiment & peut - être mon erreur, que je me crois permisde dire, mais que je n’entends faire adopter à qui que ce soit.

Je suis fort touché de ce que vous me marquez de la part deM. «Sc Mde. de Buffon. Je fuis bien aise de vous avoir dit ceque je penfois de cet homme illustre' avant que son souvenirréchauffât mes sentimens pour lui, afín d’avoir tout Phonneurde la justice que j'aime à lui rendre, fans que mon amour-propre s’cn soit mêlé. Ses écrits m’instruiront Sc me plaironttoute ma vie, Je lui ( * ) crois des égaux parmi ses contempo-rains en qualité de penseur Sc de philosophe : mais en qualitéd’écrivain je ne lui en connois point. C’est la plus belle plumede son siecle ; je ne doute point que ce ne soit là le jugementde la postérité. Un de mes regrets est de n’avoir pas été à por-tée de le voir davantage Sc de profiter de ses obligeantes in-vitations. Je sens combien ma tête & mes écrits auroient gagnédans son commerce. Je quittai Paris au moment de son ma-riage ; ainsi je n’ai point eu le bonheur de connoítre Mde. deBuffon, mais je fais qu’il a trouvé dans fa personne Sc dans sonmérite l'áirnable Sc digne récompense du sien. Que Dieu lesbénisse l’un Sc l’autre de vouloir bien s'intéresser à ce pauvreproscrit. Leurs bontés font une des consolations de ma vie ;qu’ils sachent, je vous en supplie, que je les honore Sc les aimede tout mon cœur.

( *) Quand M. Rousseau écrivoit ceci, 21. le Comte de Buffon n’avoit pussnçore publie lçs Epoques ck la Hat ure.

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