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Tome douzième.
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LETTRES

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vous en tirez déjà dequoi fournir ces oilks si savoureuses, quefans être fort gourmand, je regrette tous les jours.

Que ne puis-je m’instruire auprès de vous dans une cultureplus utile, quoique plus ingrate ! Que mes bons & infortunésCorses ne peuvent-ils , par mon entremise , profiter de voslongues & profondes observations fur les hommes & les gou-vernemens ! Mais je fais loin de vous. N’importe : fans songerà l’impoísibilité du succès, je m’occuperai de ces pauvres genscomme si mes rêveries leur pouvoient être utiles. Puisque jesuis dévoué aux chimères , je veux du moins m’en forgerd’agréabîes. En songeant à ce que les hommes pourroient être,je tâcherai d’oublier ce qu’ils font. Les Corses font, commevous le dites fort bien, plus près de cet état désirable, qu'au-cun autre peuple. Par exemple , je ne crois pas que la diffolu-bilité des mariages, très-utile dans le Brandebourg, le fut delong-tems en Corse , ou la simplicité des mœurs & la pauvretégénérale rendent encore les grandes passions inactives , & lesmariages paisibles ôc heureux. Les femmes font laborieuses <Scchastes ; les hommes n’ont de plaisirs que dans leur maison :dans cet état, il n’est pas bon de leur faire envisager commepossible , une séparation qu’ils n’ont nulle occasion de desirer.

Je n’ai point encore reçu la lettre avec la traduction deFletcher que vous m’annoncez. Je l’attendois pour vous écrire ,mais voyant que le paquet ne vient point, je ne puis différerplus long-rtems. Myíord, j’ai le cœur plein de vous fans cesse,Songez quelquefois à votre fils le cadet.

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