Band 
Tome douzième.
JPEG-Download
 

44 4

LETTRES

Du reste , quoique je trouve les demandes que vous avez faitesen mon nom un peu fortes, je fuis fort d’avis, puifqu’ellessont faites, qu’il n’en soit rien rabattu.

Je vous reconnois bien, Monsieur, dans Farrangement quevous me proposez au défaut de celui-là; mais quoique j'en foispénétré de reconnoissance, je me reconnoîtrois peu moi-même rsi je pouvois l’accepter fur ce pied-là. Toutefois j’y vois uneouverture pour sortir, avec votre aide , d’un furieux embarrasoù je fuis. Car, dans l’état précaire où font ma santé & mavie, je mourrois dans une perplexité bien cruelle , en songeantque je laisse mes papiers , mes effets ôc ma gouvernante à lamerci d’un inconnu. II y aura bien du malheur, si l’intérêtque vous voulez bien prendre à moi, & la confiance que j'aien vous, ne nous amenent pas à quelque arrangement qui con-tente votre cœur fans faire souffrir le mien. Quand vous ferezune fois mon dépositaire universel, je serai tranquille ; & ilme semble que le repos de mes jours m’en fera plus doux ^quand je vous en ferai redevable. Je voudrois seulement qu’aupréalable nous puisions faire une connoissance encore plus in-time. J’ai des projets de voyage pour cet été. Ne pourrions-nous en faire quelqu’un ensemble? Votre bâtiment vous occu-pera-t-il si fort, que vous ne puiísiez le quitter quelques se-maines , même quelques mois , si le cas y échéoit ? Mon cherMonsieur, il faut commencer par beaucoup fe connoître , poursavoir bien ce qu’on fait quand on se lie. Je m’attendris à pen-ser qu’après une vie si malheureuse , peut-être trouverai-jeencore des jours sereins près de vous, & que peut-être unechaîne de traverses m’a-t-elle conduit à Fhomme que la jro~

«