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LETTRES
reste, je vous dirai que je sens en moi, depuis quelques jours,'une révolution qui m’étonne. Ces derniers événemens qui dé-voient achever de m’accabler, m’ont, je ne fais comment,rendu tranquille , &c même assez gai. II me semble que jedonnois trop d’importance à des jeux d’enfans. II y a danstoutes ces brûleries quelque chose de íì niais & de si bête,qu’il faut être plus enÊmt qu’eux pour s’en émouvoir. Ma viemorale est finie. Est-ce la peine de tant choisir la terre où jedois laisser mon corps ? La partie la plus précieuse de moi-même est déjà morte : les hommes n’y peuvent plus rien, ôcje ne regarde plus tous ces tas de Magistrats si barbares, quecomme autant de vers qui s "amusent à ronger mon cadavre.
La machine ambulante se montera donc cet été pour allerherboriser ; & si l’amitié peut la réchauffer encore, vous ferezle Prométhée qui me rapportera le feu du ciel. Bonjour ,Monsieur.
R
E
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AU LORD MARÉCHAL D’ÉCOSSE.
Motiers le n Février 176;.
V O u s savez, Mylord, une partie de ce qui m’arrive. La
brûlerie de la Haye , la défense de Berne, ce qui se prépare à
Geneve ; mais vous ne pouvez savoir tout. Des malheurs si
constans, une animosité si universelle commençoient à m’ac-cabler tout-à-fait. Quoique les mauvaises nouvelles se muki-