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Tome douzième.
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LETTRES

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est venue d’eux, 6c je ne me suis point pressé d’y consentir.Du reste, je n’ai rien demandé, je ne demande rien, je nedemanderai rien, 6c quoi qu’il arrive on ne pourra pas se van-ter de m’avoir fait un refus, qui après tout me nuira moinsqu’à eux-mêmes , puisqu’il ne fera qu’ôter au pays cinq ou íixcents mille francs que j’y aurois fait entrer de cette maniéré,6c qu’cn ne rebutera peut-être pas íì dédaigneusement ailleurs.Mais s’il arrivait contre toute attente, que la permission fûtaccordée ou ratifiée , j’avoue que j’en ferois touché comme sspersonne n’y gagnait que moi seul, 6c que je m’attacheroisau pays pour le reste de ma vie.

Comme probablement cela n’arrivera pas, & que le voisi-nage de Geneve me devient de jour en jour plus insupportable,je cherche à m’en éloigner à tout prix ; il ne me reste à choisirque deux asyles, l’Angleterre ou l’Italie. Mais l'Angleterre esttrop éloignée ; il y fait trop cher vivre, 6c mon corps ni mabourse n’en supporteraient pas le trajet. Reste l’Italie 6c sur-toutVenise, dont le climat 6c l’inquisition sont plus doux qu’en Suisse,Mais St. Marc quoiqu’apótre ne pardonne gueres 6c j’ai biendit du mal de ses enfans. Toutefois je crois qu’à la fin j’en cour-rai les risques, car j’aime encore mieux la prison 6c la paix quela liberté 6c la guerre. Le tumulte où je suis ne me permetencore de rien résoudre ; je vous en dirai davantage quandmes sens seront plus rassis. Un peu de vos conseils me seroitbien nécessaire : car je fuis si malheureux quand j’agis de moi-rncme, qu’après avoir bien raisonné détériora, sequor.

LETTRE

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