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Tome douzième.
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LETTRES

gne agréer. Je ne sache rien au monde de plus humiliant. C’estdonner à mon silence une importance que personne n’y voit quemoi seul.

Pardonnez , Monsieur, l’humeur qui me ronge ; j’ai onze let-tres fur ma table , la plupart très-désagréables , & qui veulenttoutes la plus prompte réponse. Mon sang est calciné, la fievreme consume, je ne pisse plus du tout, & jamais rien ne m’atant coûté de ma vie que cette promesse authentique qu’il fautque je fasse d’une chose que je suis bien déterminé à tenir, queje la promette ou non. Mais tout en grognant fort maussade-ment, j’ai le cœur plein des sentimens les plus tendres pourceux qui s’intéressent si généreusement à mon repos, & quime donnent les meilleurs conseils pour l’assurer. Je fais qu’ilsne me conseillent que pour mon bien ; qu’íls ne prennent àtout cela d’autre intérêt que le mien propre. Moi de mon côté,tout en murmurant, je veux leur complaire , fans songer à cequi m’est bon. S’ils me demandoient pour eux ce qu’ils me.demandent pour moi-même , il ne me coûteroit plus rien.Mais comme il est permis de Lire en rechignant son propreavantage, je veux leur obéir, les aimer 8c les gronder. Je vousembrasse.

P. S. Tout bien pensé , je crois pourtant qu’avant le départde M. Meuron, je ferai ce qu’on désiré. Ma paresse commencetoujours par se dépiter, mais à la fin mon cœur cede.

Si je restois , j’en reviendrais, en attendant que votre mai-son fût faite, au projet de chercher quelque jolie habitationprès de Neufchâtel, 8c de m’abonner à quelque société oùj'eusse à la fois la liberté 8c le commerce des hommes. Je n’ai

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