Band 
Tome douzième.
JPEG-Download
 

■me-.

3 *

*«3

LETTRE

A M. D’I V E R N O I S.

Motiers, le 8 Avril 176;.

BIE n arrivé, mon cher Moníieur ; ma joie est grande, maiselle n’est pas complette , puisque vous n’avez pas passé parici. II est vrai que vous y auriez trouvé une fermentation dé-sagréable à votre amitié pour moi. J’espere quand vous viendrez,que vous trouverez tout pacifié. La chance commence à tour-ner extrêmement. Le Roi s’est íì hautement déclaré, MylordMaréchal a si vivement écrit, les gens en crédit ont pris monparti si chaudement, que le Conseil d’Etat s’est unanimementdéclaré pour moi, & m'a, par un arrêt, exempté de la juri-diction du Consistoire, & assuré la protection du Gouverne-ment. Les Ministres font généralement hués ; l’homme à quivous avez écrit est consterné & furieux ; il ne lui reste plusd'autre ressource que d’ameuter la canaille , ce qu’il a fait jus-qu’ici avec assez de succès. Un des plus plaisans bruits qu’ilfait courir, est que j’aí dit dans mon dernier livre que lesfemmes n’avoient point d’ame ; ce qui les met dans une tellefureur par tout le Val-de-Travers que, pour être honoré dufort d’Orphée, je n’ai qu’à sortir de chez moi. C'est tout lecontraire à Neufchâtel, où toutes les Dames font déclarées enma faveur. Le sexe dévot y traîne les Ministres dans les boues.Une des plus aimables, disoit il y a quelques jours, en pleine

1