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Tome douzième.
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L E T T R E S;

d’oser afficher une si claire prévarication ! Car passons tellecondamnation qu’on voudra fur les Lettres de la Montagne ; eadiront-elles, enfin, plus que FEmile, après lequel j’ai été, nonpas laissé, mais admis à la table sacrée ? plus que la lettre à M,de Beaumont sur laquelle on ne m’a pas dit un seul mot ?Qu’elles ne soient si l’on veut qu’un tissu d’erreurs, que s’ensui-vra-t-il ? qu’elles ne m’ont point justifié, & que Fauteur d’Emiledemeure inexcusable ; mais jamais que celui des Lettres écritesde la Montagne doive en particulier être condamné. Aprèsavoir fait grâce à un homme du crime dont on Faccuse, le pu~nit-on pour s’étre mal défendu ? Voilà pourtant ce que fait iciM. de M. ; <Sc je le défie, lui & tous ses confrères de citer dansce dernier ouvrage aucun des sentimens qu’ils censurent ^ queje ne prouve être plus fortement établi dans les précédens.

Mais excité fous main par d’autres gens il saisit le prétextequ’on lui présente ; sûr qu’en criant à tort ôc à travers à Fimpieon met toujours le peuple en fureur, il sonne après-coup le toc-sin de Motiers fur un pauvre homme pour s’être osé défendreçhez les Genevois, &c sentant bien que le succès seul pouvoit lesauver du blâme, il n’épargne rien pour se Fassurer. Je vis àMotiers, je ne veux point parler de ce qui s’y passe, vous lesavez auffi bien que moi ; personne à Neufehâtel ne Fignore ; lesétrangers qui viennent le voient, gémissent ; & moi je me tais.

M. de M. s’excuse sur les ordres de la Classe. Mais supposonsles exécutés par des voies légitimes ; si ces ordres étoient justescomment avoit-il attendu si tard à le sentir? comment ne lesprévenoit-il point lui-même que cela regardoit spécialement ?comment après avoir lu & relu les Lettres de la Montagne n’y