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Tome douzième.
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D I V E H S E S,

§09

geuse, & qui va mieux, ce me semble, au but de ceux quime poursuivent, que ne fera mon éloignement. J’ai consultéma situation, mon âge, mon humeur, mes forces : rien detout cela ne me permet d’entreprendre en ce moment, & fanspréparation, de longs Sc pénibles voyages ; d’aller errant dansdes pays froids , & de me fatiguer à chercher au loin un asyle,dans une saison où mes infirmités ne me permettent pas mèmede sortir de la chambre. Après ce qui s’est passé je ne puisme résoudre à rentrer dans le territoire de Neufchâtel, où laprotection du Prince Sc du Gouvernement ne sauroit me ga-rantir des fureurs d’une populace excitée qui 11e ccnnoít au-cun frein ; Sc vous comprenez, Monsieur, qu’aucun des Etatsvoisins ne voudra, ou n’osera donner retraite à un malheureuxsi durement chassé de celui-ci.

Dans cette extrémité je ne vois pour moi qu’une feule res-source , & quelque effrayante qu’elle paroisse , je la prendrai-non-seulement sans répugnance, mais avec empressement, siLeurs Excellences veulent bien y consentir : c’est qu’iî leurplaise, que je passe en prison le reste de mes jours, dans quel-qu’un de leurs châteaux , ou tel autre lieu de leurs Etats, qu’iîleur semblera bon de choisir. J’y vivrai à mes dépens, &je donnerai fureté de n’ctre jamais à leur charge ; je me sou-mets à n’avoir ni papier , ni plume, ni aucune communica-tion au - dehors, si ce 11’est pour l’absolue nécessité, Sc par lecanal de ceux qui seront chargés de moi ; seulement qu’011 melaisse avecl’usage de quelques livres,la liberté de me promenerquelquefois dans un jardin, Sc je fuis content.

Ne croyez point, Monsieur, qu’un expédient si violent en

«