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LETTRES
souper, gardant tous deux le silence au coin de son feu, jem’apperçois , qu’il me fixe, comme il lui arrivoit souvent ócd’une maniéré dont l’idée est difficile à rendre. Pour cette fois,son regard sec, ardent, moqueur & prolongé devint plus qu'in-quiétant. Pour m’en débarrasser, j’essayai de le fixer à mon tour;mais en arrêtant mes yeux fur les siens, je sens un frémisse-ment inexplicable, & bientôt je fuis forcé de les baisser. Laphysionomie Sc le ton du bon David font d\m bon homme ,mais où , grand Dieu ! ce bon homme emprunte-t-il les yeuxdont il fixe ses amis ?
L’impreffion de ce regard me reste Sc m’agite ; mon troubleaugmente jusqu’au saisissement: si l’épanchement n’eût succé-dé , j’étouffois. Bientôt un violent remords me gagne ; je m’in-digne de moi-même ; enfin dans un transport que je me rap-pelle encore avec délices, je m’élance à son cou, je le serreétroitement; suffoqué de sanglots, inondé de larmes, je m’é-crie d’une voix entrecoupée : Non , non David Hume n 1 estpas un traître ; s 1 il n’étoit le meilleur des hommes , ìlfaudroitqidil en fût le plus noir. David Hume me rend poliment mesembrassemens, & tout en me frappant de petits coups fur ledos, me répete plusieurs fois d'un ton tranquille: Quoi , moncher Monsieur l Eh mon cher Monfieur l Quoi donc , mort,
de suivre à mon tour M. Hume; jen’apperçus rien , mais il vit très - bienque j’étois inquiet. Ainsi, quoique jen’aye reçu aucune réponse à ma lettre,je ne dout e pas qu’eíle ne soit parve-nue ; mais je doute un peu, je l'avoue,qu’elle n’ait été lue auparavant.
remettre au sien,qui attendjen-bas avecson carrosse, afìn qu’il la porte chez M.l’Ambasfadeur. A peine !e laquais de M.Hume étoit hors de la porte que je medis, je parie que le Maître va le sui-vre : il rsy manqua pas. Ne sachantcomment laisser seul Mylord Newn-ham , j’hésitai quelque teins avant que
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