LETTRES
§6 o
trouvé la méme fureté chez ceux que f ai faits parmi les gensde lettres. Auffi j’en ai changé quelquefois , & j'en changeraitant qu’ils me feront suspects ; car je fuis bien déterminé à negarder jamais d’amis par bienséance : je n’en veux avoir quepour les aimer.
Si jamais j'eus une conviction intime ôc certaine, je l’aique M. Hume a fourni les matériaux de cet écrit. Bien plus,non-feulement j'ai cette certitude, mais il m’est clair qu’il avoulu que je l’euíTe : car comment supposer un homme auffi fin,assez mal-adroit pour fe découvrir à ce point, voulant fe cacher ?
Quel étoit son but ? Rien n'est plus clair encore. C’étoitde porter mon indignation à son dernier terme , pour ameneravec plus d’éclat le coup qu’il me préparoit. ïl fait que pourme faire faire bien des sottises il suffit de me mettre en colere.Nous sommes au moment critique qui montrera s’il a bienou mal raisonné.
ïi faut fe posséder autant que fait M. Hume , il faut avoirson flegme ôc toute sa force d’esprit pour prendre le parti qu’ilprit, après tout ce qui s’étoit passé. Dans l’embarras où j’étois,écrivant à M. le Général Conway, je ne pus remplir ma lettreque de phrases obscures dont M. Hume fit, comme mon ami,l’interprétation qu’il lui plut. Supposant donc, quoiqu’il sûttrès-bien le contraire, que c’étoit la clause du secret qui mefaisoit de la peine, il obtient de M. le Général qu’il voudroitbien s’empîoyer pour la faire lever. Alors cet homme ítoïqueSc vraiment insensible m’écrit la lettre la plus amicale où ilme marque qu’il s’est employé pour faire lever la clause, maisqu’avant toute chose il faut savoir íì je veux accepter sans
cette
t