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Tome douzième.
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LETTRES

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ce qui m’importe est d’achever, comme j’ai commencé, d’étredroit & vrai jusqu’à la fin, quoi qu’il arrive, & de n’avoir pasplus à me reprocher une lâcheté dans mes miscres qu’uneinsolence dans ma prospérité. Quelque opprobre qui m’attende& quelque malheur qui me menace , je suis prêt. Quoiqu’àplaindre, je le ferai moins que vous , & je vous laisse pourtoute vengeance le tourment de respecter, malgré vous, l’in-fortuné que vous accablez.

En achevant cette lettre, je fuis surpris de la force que j’aieue de l’écrire. Si l’on mouroit de douleur, j’en seroit mort àchaque ligne. Tout est également incompréhensible dans cequi se passe. Une conduite pareille à la vôtre n’est pas dans lanature , elle est contradictoire, & cependant elle m’est démon-trée. Abyme des deux côtés ! je péris dans l’un ou dans l’au-tre. Je fuis le plus malheureux des humains si vous êtes coupa-ble, j’en fuis le plus vil si vous êtes innocent. Vous me faitesdesirer d’être cet objet méprisable. Oui, l’état où je me ver-rois prosterné , foulé fous vos pieds, criant miséricorde & fai-sant tout pour l’obtenir, publiant à haute voix mon indignité& rendant à vos vertus le plus éclatant hommage , seroit pourmon cœur un état d’épanouissement & de joie, après l’étatd’étouffement & de mort où vous Pavez mis. II ne me restequ’un mot à vous dire. Si vous êtes coupable ne m’écrivez plus ;cela seroit inutile, & sûrement vous ne me tromperez pas. Si vousêtes innocent, daignez vous justifier. Je connois mon devoir,je l’aime &c Palmerai toujours , quelque rude qu’il puisse être.II n’y a point d’abjection dont un cœur , qui n’est pas népour elle , ne puisse revenir. Encore un coup, si vous êtes in-

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