DIVERSES.
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Mais supposant cet amour aise z violent pour se faire hon-neur du sacrifice, où en est la néccíîité? C’est ce qui me sade.Qu’il s’occupe du sublime emploi de délivrer sa patrie , cela estfort beau, & je veux croire que cela eíl utile : mais ne se per-mettre aucun sentiment étranger à ce devoir, pourquoi cela ?Tous les sentimens vertueux ne s’étayent-ils pas les uns lesautres , 8c peut - on en détruire un fans les afFoiblir tous ?Pai cru long-tems , dit-il, combiner mes affections avec mesdevoirs. II n’y a point là de combinaisons à faire, quand cesaffections elles-mêmes font des devoirs. Villufion cesse , & jevois qu’un vrai citoyen doit les abolir. Quelle eít donc cetteillusion, 8c où a-t-il pris cette affreuse maxime ? S’il eít detristes situations dans la vie, s’il est de cruels devoirs qui nousforcent quelquefois à leur en sacrifier d’autres , à déchirer notrecœur pour obéir à la nécessité pressante ou à l’inflexible vertu ,en est—il, en peut-il jamais être qui nous forcent d’étousser desíèntimens auísi légitimes que ceux de l’amour filial, conjugal,paternel ; & tout homme qui se fait une expresse loi de n’êtreplus ni fils, ni mari, ni pere , ose-t-i! usurper le nom de ci-toyen , ose-t-iî usurper le nom d’homme ?
On diroit, Madame, en lisant votre lettre, qu’il s’agit d’uneconspiration. Les conspirations peuvent être des actes héroï-ques de patriotisme, il y en a eu de telles ; mais presque 'toujours elles ne font que des crimes punissables, dont les au-,teurs songent bien moins à servir la patrie qu’à l’asservir, 8cà la délivrer de ses tyrans qu’à l’être. Pour moi je vous déclareque je ne voudrois pour rien au monde avoir trempé dans laconspiration la plus légitime ; parce qu’enfin ces sortes d’en-
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