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Tome douzième.
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lettres

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LETTRE

A M. E. J. CHIRURGIEN.

Le ij Mai 1767.

Vo u s me parlez, Monsieur, dans une langue littéraire, desujets de littérature, comme à un homme de Lettres. Vousm’accablez d’éloges si pompeux , qu’ils font ironiques, & vouscroyez m’enivrer d’un pareil encens. Vous vous trompez ,Monsieur , fur tous ces points. Je ne fuis point homme deLettres : je le fus pour mon malheur ; depuis long-tems j’aìcessé de l’être ; rien de ce qui fe rapporte à ce métier ne meconvient plus. Les grands éloges ne m’ont jamais flatté ; au-jourd’hui fur-tout que j’ai plus besoin de consolation que d’en-cens , je les trouve bien déplacés. C’est comme si, quandvous allez voir un pauvre malade, au lieu de le panser, vouslui faisiez des complimens,

J’ai livré mes écrits à la censure publique ; elle les traiteaussi sévèrement que ma personne ; à la bonne heure ; je neprétends point avoir eu raison ? je sais seulement que mes in-tentions étoient assez droites , assez pures , assez salutaires pourdevoir m’obtenir quelque indulgence. Mes erreurs peuvent êtregrandes ; mes sentimens auroient dû les racheter. Je croisqu’il y a beaucoup de choses fur lesquelles 011 n’a pas voulum’entendre. Telle est , par exemple, l’origine du droit natu-rel , fur laquelle vous me prêtez des sentimens qui n’ont jamaisété les miens. C’est ainsi qu’on aggrave mes fautes réelles, de

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