8o Memoiresges qui ne devroient pas etre atta-ques ; les 1000 Suiffes n’etoient parleves , les deux regimens de Cham-blay & de Leques n’etoient pas en-core arrives, & ne faisoient pas1200 hommes entre totis deux ; deforte que , toutes choses bien consi-derees, il fe voyoit en etat de nefaire ni peur ni mal aux Efpagnols.Neanmoins il etoit oblige d’execu-ter ses ordres, lefquels se trou-voient si ambigus , qu’il etoit pourfe repentir , foit qu’il fit ce qu’onlui commandoit, foit qu’il ne le fitpas. Ainsi le prince qui n’est pas furles lieux, commettant un dessein a läprudence de fon general, le congoitpour Ia plüpart du tems en tel fensque s’il reuffit bien , il veut avoir lagloire de 1 ’avoir ainsi ordonne;s’ilen arrive mal , il fe trouve toujoursque la coulpe est a ce lui qui en atre^u le commandement: carie mai-tre ne veut jamais faillir.
Vu le peu de forces qui fe trou-voient dans le pays des Grifons ,Rohan crut, avant s’y tranfportty.