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Tome second.
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DE LOUIS XIV. LÏV. XI. if

nal. Arnaud qui s’intéressoit particulièrement à leur liberté , & quiavoit la principale part aux intrigues qui s’étoient faites pour la leur pro-curer , ne fût pas non plus écouté ; les promesses d’une réconciliationsincère faites par les Princes mêmes, avec qui le Maréchal de Gram-mont & de Lionne traitaient au Havre, furent négligées. On ne Rap-pliqua qu’à cacher son dessein & à l’exécuter. On rejetta tous les avisqui alloient à opposer la force aux intrigues. Mazarin déclara, en pré-sence de toute la Cour , qu’il était prêt de partir si son absence pouvoitrendre le calme à la France. II offrit à la Reine de s’en aller , l’assuraque le zèle, qu’il avoit pour son service & pour l’Etat, le feroit toujourstrés volontiers sacrifier sa vie pour sa conservation. II protesta en mê-me tems que si leurs Majestés vouloient le retenir, il demeureroit pourles servir, lui en dût-il coûter son sang & son honneur. Quantité d’Offi-ciers s’offrirent à lui. On lui conseilla de faire venir des troupes , de te-nir bon dans Paris. 11 déclara qu’il ne vouloit point absolument êtrecause d’une Guerre civile.

A u reste, ce ne fût pas fans délibérer que la Reine prit le parti que jeviens de dire. Voïant l’Etat menacé de tant d’orages, elle appella leTellier, & lui dit, qu’elle savoit que tout était à craindre ; que cettevue lui faifoit préférer le bien de la France & les intérêts du Roi àtoutes choses ; que ses intentions avoient toûjours été droites ; qu’elleconsidérait le Cardinal, qu’elle le croioit fidèle , & que jusque-là elleavoit été persuadée qu’elle était obligée de le soutenir ; qu’elle le croioitencore, & que c’étoit son sentiment ; mais que craignant de se tromper ,elle lui demandoit son avis fur ce qu’elle avoit à faire, & le conjuraitde lui dire ce qu’il pensoit, connoissant qu’elle avoit à se craindre elle-même dans une affaire de cette importance. Le Tellier , soit politique,soit persuasion, lui conseilla de suivre ses prémiers sentimens. On peutjuger par ce fait que cette Princesse, en soutenant son Ministre avec tantde constance , ne le faifoit pas fans examiner avec elle-même & avecceux qu’elle croioit fidèles & gens de bien, les motifs qui dévoient lafaire agir, & que ses devoirs étaient les conducteurs secrets de fa fer-meté & de ses actions. Au même-tems elle déclara à une de ses con-fidentes , que si elle avoit trouvé un homme désintéressé, & qui ne fûtd’aucune cabale, elle n’auroit pas hésité de s’en servir ; mais que n’enconnoissant point ; elle croioit être obligée de défendre un Ministrequ’on lui ôtait par force ; qu’elle connoiíìbit ses défauts ; qu’elle savoitqu’il avoit fait beaucoup de fautes ; mais , ajouta-t’elle , „ je Jais aussi cer-tainement qu’il a de très bonnes intentions pur le service du Roi U le „mienqu’il a glorieusement conduit les affaires lorsqu’on l’a laissé faire , „que les cinq frémìères années de ma Régence ont été heureuses , sf? qu’ayant ,,été trahi de ceux qu’il a obligés , cela m’oblige d’en avoir f lus de pitié ,, .Je ne rapporte ceci que pour défendre cette Princesse du mépris inju-rieux que Monsieur de Retz a affecté de répandre fur elle.

Raisons quidétermi-nent laReine à yconsentir.

M ot te ville ,

T. 4'?- 58-

Enfin