HISTOIRE
I6f I.
Vol 8 - Part.t.pag. 41 .
LeParlements’adoucitmalgré toutce qu’on fai-íbit pourl’aigrir.
II donne desArrêts pres-que contra-dictoires.
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qu’elles étoient fur le point d’entrer dans le Roïautne fous la conduitedes Officiers du Roi ; que ses amis lui conseilloient de se servir de cetteoccasion pour retourner auprès de leurs Majestés, & qu’il le prioit delui en mander son sentiment. Cette Lettre, concertée ou non , augmen-ta considérablement la chaleur des esprits. Le Duc d’Orléans qui l’avoitreçue , la rendit publique. Les Enquêtes demandèrent rAssemblée desChambres ; elle leur fût auífi-tót accordée. II fût arrêté que le Duc d’Or-léans seroit invité de venir le lendemain prendre sa place. On peutbien juger que cette invitation fût agréablement reçue.
Pour préparer les voies, le Coadjuteur vit l’Avocat-général Talon.Ils a voient autrefois été amis ; mais ce Magistrat , depuis qu’il l’avoitvû s’emporter & s’engager dans toutes les cabales contre le service duRoi, avoit renoncé à cette dangereuse amitié. „ Le dessein de sa visi-„ te, dit-il, fût de me persuader que le péril étoit grand ; que leCar-„ dinal étoit sur le point d’entrer dans le Roïaume ; que la Reine avoit„ voulu l’engager à y consentir ; qu’il l’avoit refusé en vue des mal-„ heurs où ce retour précipiteroif l’Etat. Ensuite il m’entretint du dé-„ tail de ces maux , pour que m’échauffant l'esprit je portasse des conclu-„ fions qui fussent rudes ; car son dessein étoit d’autoriser Monsieur le Duc„ d’Orléans à lever des troupes, & d’engager leParlement dans un tiers parti".
Son Altesse Roïale eût tant d’empressement de voir l’effet que pro-duiroit la lettre du Duc d’Elboeuf & les intrigues du Coadjuteur , qu’el-le se rendit au Palais avant le jour. Les Chambres ne purent être as-semblées qu’une heure après son arrivée. Son attente ne fût pointremplie. L’Avocat-général se contenta de déclamer contre le retourdu Cardinal. II dit qu’il n’avoit rien à ajouter à ce qu’il avoit déjà pro-posé ; que si cependant on croioit que d’autres remèdes fussent nécessai-res à ce mal pressant, il estimoit qu’il étoit à propos que les Députésnommés pour aller trouver le Roi partissent incessamment ; que le Ducd’Orléans y envoyât quelqu’un en son nom , qu’il fit même avertir le Ma-réchal d’Hocquincourt & les autres Gouverneurs des Places frontièrespour leur donner part des délibérations de la Compagnie ; que des Con-seillers fussent envoyés en Picardie & en Champagne pour dresser des
procès verbaux ; que les Gouverneurs , Maires & Echevins eussent
ordre de ne donner passage, étapes, & séjour qu’aux troupes qui se pré-senteroient avec les ordres du Roi, qui auroient l’attache du Duc d’El-boeuf & du Maréchal de HLójjital.
Ces conclusions furent agréées de la Compagnie , qui avoit une si hau-te idée de ses Arrêts & de ses procès verbaux, qu’elle se flattoit qu’ilsarrêteroient un Armée de dix mille hommes prête à marcher sous les
étendarts & par les ordres du Roi. Quelqu’un aïant osé dire que ces
Arrêts seroient bien plus efficaces s’ils étoient signifiés par des Huis-siers armés, il fût sifflé comme s’il eût dit les plus grandes extrava-gances. On parla encore de la proscription du Cardinal ; mais cet avissot improuvé, parce qu’il étoit indécent de décréter contre un hom-me