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Tome second.
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DË LOUIS XIV. LIV. XIII. iz-

& s'imposa cette nécessité de ne troubler aucun Officier dans l’exer- „

cice de ía Charge fans lui faire son procès. Article qui n’a point été „ i6s2.

violé jusqu à présent; L juger: h ce que le Roi ne veut pas taire peut „

être entrepris par l’autorité d’un Gentilhomme, fous prétexte qu’il est „

Gouverneur d’une Province , & qu’il a les armes à la main. Jugez „

si ce qui fe fera dans cette occasion, ne servira pas d’exemple à l’ave- „

nir contre les précautions que vous avez voulu prendre “.

C e discours avoit été écouté avec une grande attention. II paroif-foit avoir fait de grandes impressions. Dix heures qui sonnèrent les ren-dirent inutiles. La délibération fût remise au lendemain ; car la régula-rité de cette Compagnie est si grande, que quand même il s’agiroit desauver l’Etat, elle ne prolongeroit pas ses Assemblées , fans l’avoir dé-cidé par une délibération suivie d’un Arrêt en forme.

Il ne fût pas difficile d’éluder la délibération qu’on craignoit. Le On élude laDuc d’Orléans fit le malade & envoïa s’excufer. II étoit bien aise de àlibersuon.tenir conseil avec les siens pour trouver le moyen d’amuíèr le Parle-ment. On y mit fur le tapis l’afFaire des rentes, dont on prétendraitque les fonds avoient été divertis. L’Avocat-général renouvella ses con-clusions. Tout le tems, jufqu’au vingt-fept, fût employé à donner or-dre au payement des rentes & à assurer les gages de la Compagnie.

On continua de foûtenir ce qu’on avoit avancé en pleine Assemblée;que les troupes qui marchoient, fous la conduite du Duc de Nemours,n’étoient point Espagnoles, parce que les hommes qui les compofoientétoient Allemans. II étoit pourtant de notoriété publique, qu’il y avoittrois ou quatre ans qu’elles fervoient l’Ëfpagne en Flandres, fous lecommandement d’un Cadet de Wirtemberg, qui étoit nommément à lafqlde du Roi Catholique, & que beaucoup de gens de qualité des Païs-sias y étoient Officiers.

Cette espèce défiguré, qui consiste à tromper par les illusions lesplus grossières , est la Réthorique de tous les tems ; „ mais il faut „

avouer, dit Monsieur de Retz, que celui du Cardinal Mazarin l’a étu- „diée & pratiquée plus fréquemment & plus insolemment que jamais. „

Elle a été non-feulement journellement emploïée, mais consacrée dans „les Arrêts, dans les Edits & dans les Déclarations cc . II pouvoit ajou- „ter , dans fa propre conduite, & dans celle de tous les Chefs des dif-férens partis. La fausseté des motifs dont ils fe paroient pour impo-ser aux Peuples, étoit aussi visible , que la supposition qui lui donne lieude faire cette réflexion. On s’est appliqué jufqu’ici à dévoiler ces mo-tifs , & on croiroit avoir rendu un vrai service au public , si par ce dé-tail on lui avoit fait comprendre, que ceux qui le mettent en mouve-ment n’ont presque jamais en vue ses intérêts.

Fin dtt Livre treizième.

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