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Tome second.
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DE LOUIS XIV. LIV. XVII. 277

La guerre continua cette année entre PAngleterre & la Hollande.Les Amiraux Tromp & Blaak se battirent près de Portland. La pertefût très grande & presque égale des deux côtés. On étoit íì animé,qu’on ne cessa de s’attaquer & de se poursuivre , qu’après trois jours decombat. Dans ces trois actions les Hollandois perdirent dix-huit vais-seaux de guerre & vingt-huit vaisseaux marchands. Les Anglois eurentvingt-quatre vaisseaux de guerre brûlés , coulés à fonds ou échoués. Blaakne laissa pas d’écrire au Parlement, que Dieu avoit visiblement combattupour les Anglois , & que la flotte ennemie étoit ruinée. Tromp de soncôté se glorifia aussi de l’assistance divine, & prétendit, que l’état où setrouvoient les vaisseaux Anglois en étoit une preuve sensible. C’étoit-àla fin de février & au commencement de mars qu’on s’étoit battu avectant d’acharnement. On se retira dans ses Ports pour se préparer à denouveaux combats.

O n se remit en mer le plutôt qu’il fût possible. Les flottes se ren-contrèrent à la hauteur de Nieuport, & se battirent sans que faction fûtdécisive. L’A mirai Monk , que le Parlement avoit mis à la place deBlaak, quoique Dieu eût visiblement combattu pour lui , ayant reçupendant la nuit un renfort de dix-huit vaisseaux, chercha la flotte Hol-landoise. II la trouva à la hauteur de Dunkerque. La partie n’étoit paségale. La plûpart des vaisseaux Hollandois manquoient de poudre; ilsfurent battus: Tromp se retira à Flessingue pour se radouber. Monkbloqua l’entrée du Texel, & y prit un grand nombre de vaisseaux mar-chands. Deux mois après on se rencontra encore à la hauteur de Kat-wick, on se canonna. Le combat s’engagea tout-à-fait le dixième d’aoûtà la hauteur de Ter-Heide ou de Scheveling. Tromp fût tué dans lecommencement de faction. La mort de ce grand homme consterna tel-lement son Armée, qu’elle ne pensa plus qu’à fuir. Elle ne le pût fairefans une grande perte.

I l est inconcevable qu’un Etat si borné pût soutenir sa Marine aprèstant de disgrâces. Depuis la défaite de la Hogue , celle de France n’apoint été rétablie. A peine s’apperçut-on en Hollande des grandes pertesqu’on avoit faites. Dès le mois de novembre, elle avoit en mer soixante& dix vaisseaux de guerre. Une violente tempête en fit périr une gran-de partie ; il s’en trouva peu qui n’eussent les mâts & leurs agrêts rasés ;les eaux en engloutirent jusqu’à treize*, & la plûpart échouèrent. Laflotte Angloise étoit aussi en mer. Elle fût bien moins maltraitée, maiseste le fût assez pour être obligée de se retirer dans ses Ports.

Cet accident mit les Provinces-unies dans la nécessité de faire toutce qui pouvoit dépendre d’elles pour obtenir la paix. Elles envoyèrentà Londres de nouveaux Députés; mais on se prépara à la guerre, &cette République inépuisable trouva encore de quoi équiper une nou-velle Armée navale. On n’en sera point étonné, quand on saura, qu’ilest des chantiers aux environs d’Amsterdam , si bien fournis de toutce qui peut servir à la construction des vaisseaux, que pourvu qu’on y“

Tom. II. K k soit

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