HISTOIRE
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„ communication de ses quartiers. Mais, ajoute-t’il, ils y envoyèrent„ feulement deux ou trois Régimens sous de méchants Officiers ; qui,„ ayant ordre de se jetter dans la Place, demeurèrent à Vergues, man-„ dant l’impoffibilité d’exécuter ce qui leur avoit été commandé
Il est vrai qu’on avoit fait tout son possible pour les tromper. Onn’avoit marché qu’avec peu de troupes, les Anglois n’avoient point joint,& fembloient marcher d’un autre côté, aussi bien que les troupes , quiétoient restées auprès d’Hédin avec le Roi. On n’avoit point fait demagazins, qui fuílënt plus à portée de Dunkerque que des autres Places ,pour lesquelles ils avoient encore plus sujet de craindre. D’ailleurs l’af-faire d’Hédin, d’Ostende, les tenoit dans la sécurité. Ils avoient pour-tant été avertis par Charles second Roi d’Angleterre, que les François envouloient à Dunkerque ; que Cromwel les en sollicitoit fortement ; quetout se préparoit en Angleterre & en France pour cette entreprise ; qu’ilavoit même intercepté des lettres, qui confinnoient cet avis. Ce Prin-ce ne s’étoit pas contenté de leur avoir donné ces avertissemens une fois,il les réïtéroit chaque semaine sur la continuation des avis d’Angleterre.II ne fût point cru. Ils s’imaginèrent que ces bruits ne se répandoient,que dans le dessein de leur faire dégarnir Cambrai, ou quelques autresPlaces du dedans du Païs. Ils étoient encore si allarmés de l’entreprisede Cambrai, que toutes les raisons les plus solides ne purent prévaloirfur leur crainte ; tant leur prévention étoit grande , que le Cardinal Ma-zarin avoit toujours les mêmes vues, & que rien n’étoit capable de luifaire changer ce dessein, quelque engagement qu’il eût avec Cromwel,à moins que la Place ne fût si bien munie, qu’il en crût le succès impos-sible. On avoit dit effectivement, que ce Ministre souhaitoit passionné-ment d’avoir cet Archevêché, à cause des titres de Duc & de Prince del’Empire , qui y sont attachés.
Cette opinion, & plusieurs autres raifonnemens, plus spécieuxque convainquans, les avoient persuadés, que Dunkerque ne couroit aucunrisque , que du moins on ne pourroit s’en rendre maître cette année. Ilsnégligèrent d’y mettre une bonne garnison, & les munitions nécessaires.Ils répandirent la plûpart de leur infanterie dans Aire & dans St. Orner ,fur les frontières du Hainault. Ils renforcèrent, sur-tout, la garnisonde Cambrai. Ils laissèrent même imparfaits les deux Forts qu’ils avoientcommencé fur la digue, par où il falloit que les François passassent, &dont la prise, s’ils avoient été en état & bien défendus, les auroit ar-rêtés assez longtems pour donner le loisir de s’oppofer à leurs desseins.Par ces fautes & ces négligences cette Ville fe trouva presque dégarnie,& sans les troupes des forts & des redoutes qui s’y jettèrent, à peine eût-elle été en état de se défendre quelque jours. Le Marquis de Leede,qui en étoit Gouverneur , étoit encore à Bruxelles à solliciter du secours,lorsqu’on sut à n’en pouvoir douter, que les François y marchoient. IIy entra avant qu’elle fût tout-à-fait investie; mais les autres troupes,qu’ils y envoyèrent, trouvèrent les chemins fermés, & isolèrent entre-prendre de s’ouvrir les passages. C’e-