444
HISTOIRE
——— Lion fut choisi pour l’entreviïe. On partit de Paris le vingt-six
I6f8. d’octobre. Le Roi parut fort content de son voyage, il fût toujours gai,& fit paroître beaucoup d’esprit & d’enjoûment. II entretint presque tou-jours Mademoiselle de Mancini, & lui parla le plus galamment du monde.Mademoiselle de Montpensier rapporte une espèce de dispute, que cePrince eut avec la Reine sà mère, & la rapporte d’un ítile íi naturel, queje ne pense pas quelle puisse déplaire.
Conversa- „ Apre's que le Roi fût remonté en carosse , écrit cette Princesse,
tion remar- „ il se mit à disputer avec la Reine de la grandeur de la Maison deLoui^xtv » France & de celle d’Autriche. II dit d’abord ; l’autre jour nous pen-Montpwsièr, » lames nous battre la Reine & moi fur la grandeur de nos Maisons.tom. 4.$ag. „ La Reine dit, cela est vrai, & le moyen de souffrir la hauteur dont
I 9 °‘ „ vous le prites. Le Roi répondit, j'ai ici un bon second , ma Cousine
„ est aussi fière que moi. N’ett-il pas vrai, ma Cousine , continûa-t-il,„ que ceux de la Maison d’Autriche n’étoient que Comtes d’Habsbourg„ quand nous étions Rois de France. Je lui répondis, qu’il ne m’appar-„ tenoit point de le dire ; qu’il étoit vrai que la Maison d’Autriche étoit
„ grande & illustre, mais qu’il falloit qu’elle nous cédât. Le Roi re-
x prit, si nous étions à nous disputer le Roi d’Espagne & moi, je le„ ferois bien céder. Que je ferois aise, s’il vouloit se battre contre moi„ pour terminer la guerre tête-à-tête ! II n’auroit garde de le faire; de„ cette Race ils ne se battent jamais ; Charles - quint ne le voulut pas„ contre François premier, qui l’en pressa instamment. Le Roi fit mille„ contes de cette force, le plus agréablement du monde “.lit de justice Cette joïe fût interrompue à Dijon. On avoit avancé les Etatsàstijon. d e Lette Province , espérant que la présence du Roi les obligerait àîcm.Xfag.' donner une somme plus considérable que de coûtume. 11s s’assemblè-iyr. ' rent tous les jours fans rien avancer, parce qu’ils craignoient, que s’ilsMmtgiat, terminoient leur séance pendant que la Cour étoit chez eux , le Roinm. 4. p*g. n ’ a pât au Parlement faire vérifier certains Edits, présentés 1 depuis long-Mt'moiret hi- teins & qui n'avoient point passé , & qu’ainsi ils ne fussent doublementsioriques U chargés. On les fit assûrer, que s’ils donnoient la somme qu’on leurehromiogi- demandoit, on ne feroit rien de nouveau dans leur Province; fur cetteparole ils firent ce qu’on souhaitoit. Le lendemain le Roi alla au Par-lement ; il y tint un Lit de Justice ; le Chancelier, qu’on avoit menépour cette expédition, exagéra la nécessité de l’Etat, les dépenses exces-sives de la guerre, les besoins de la continuer pour avoir la paix, &ajouta, que le Roi vouloit que les Edits fussent vérifiés.
Discours du Le premier Président parla avec beaucoup de force. II dit que lesHcTén^de cíe" ^°' s ne dévoient paroître que pour la consolation de leurs peuples ;Parlement, qu’il voïoit à regret, que les Edits, dont il étoit question , accableraientMontpensier, la Province & mettraient.tout le monde au désespoir. II représenta letom. 4, pug, sauvais état de la Bourgogne, la quantité de terres incultes & de mon-195 ‘ tagnes qu’elle contenoit, le peu de commerce qu’elle avoit, les grandes
sommes que les Etats donnoient au Roi, qui augmentoient toûjours,
tandis