HISTOIRE
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Hijìoire de hpaix des Py~
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envoya un courrier à Servien son oncle, pour' lui demander conseil.C’étoit un vieux Courtisan. II lui manda qu’il étoit perdu s’il faifoit lapaix; & qu’en cette occasion la vanité devoit céder à 0 l’intérêt. C’éítP Abbé de Choisy qui rapporte cette Anecdote ; & quoiqu’il dise qu’ill’a apprise par les Serviens, qui étoient pareils de fa mère , elle a Pairde ces contes de famille , qui pour l’ordinaire n'ont point d’autre fonde-ment, que la vanité de ceux qui les ont inventés. Quelques pleinspouvoirs qu’on donne à un Négociateur ordinaire, le Souverain & sesMinistres restent toujours maîtres de la négociation. C’ést un usageinvariablement constant , & on croit pouvoir assurer , que jamais per-sonne n’a été assez hardi pour signer fans ordre ; ce n’est pas assez ,fans avoir consulté sur chaque article en particulier. D’ailleurs, si la paixétoit prête à être signée en mille six cent cinquante six , comment enmille six cent cinquante-neuf, que les Espagnols dévoient être plustraitables après les échecs de tout espèce qu’iìs avoient reçus , eut-ontant de peine à les amener au point que l’on souhaitoit ?
Les articles qui avoient été arrêtés à Madrid , pensèrent encore fai-re échouer la négociation. L’Espagne vouloit la paix ; la Flandre pres-que conquise , Dunkerque entre les mains des Anglois, les Galionsbrûlés dans les ports de l’Arnerique , la difficulté de faire passer destroupes dans les Païs-Bas depuis que les Anglois étoient maîtres desdeux bords de la Manche , la neutralité des Ducs de Mantoue & deParme, la constance des Ducs de Savoie & de Modène dans l’Alliancede la France , par-dessus tout l’impossibilité , où le traité du Rhin met-toit l’Empereur de la secourir , la lui rendoient absolument nécessaire.Mais elle se croioit perdue d’honneur si le Prince de Condé n’étoit pas
E leinement rétabli dans ses biens , ses charges & ses Gouvernemens.
,e Mariage, qu’elle avoit enfin offert, fût une autre source de difficul-té. Elle l’estimoit infiniment , & le faifoit servir de titre à ses deman-des , au même tems qu’elle vouloit mettre en œuvre tous les moyensimaginables pour empêcher qu’il ne fût auffi avantageux , qu’il pouvoitl’être naturellement. Malgré les succès de la Campagne précédente ,& les espérances bien fondées de les pousser si la guerre duroit, onétoit en France à peu près dans les mêmes dispositions. Sans êtretout-à-fait si pressé , on regardoit la paix comme nécessaire. On comp-toit peu fur l’Angleterre depuis la mort du Protecteur ; on se défioit ,du-moins , on n’étoit pas trop assûré des Provinces-unies ; les souleve-mens , qui avoient-agité Tannée précédente la Normandie & les envi-rons d’Orleans , saisissent comprendre , que les peuples sentoient leurmisère, & qu’elle commençoit à leur devenir insupportable. D’ailleurs,il étoit tems de marier le Roi, & TInfante d’Espagne étoit, en un sens,le seul parti , qui lui convenoit ; d’autant plus qu’elle auroit épouséLéopold ; qu’elle auroit par-là réuni plus étroitement que jamais la Mai-son d’Autriche , & lui auroit assûré la possession de ses vastes Domaines.D e Lionne, qui de tous les Sous-Ministres étoit le plus au fait des
affaires