Band 
Tome second.
JPEG-Download
 

DE LOUIS XIV. LIV. XXII.

paroiíToit contraire à l’Etat républicain. Le second au-contraire aspiroit i6s9>au protectorat ; ce fût le sept d’avril que cette scène se passa.

L e Parlement suivit bientôt l’exemple que l’Armée lui avoit donné.

Au mois de juin , il fit demander à Cromwel ses patentes de Protecteur.

II les rendit fur le champ , & protesta , qu’il quittoit fans peine unecharge , qu’il avoit acceptée contre son gré. Pour preuve de sa sincé-rité , il se retira du grand monde, & se mêla fi peu des affaires, qu’au-cun des différens partis ne pensa à Pinquiéter. Sa modération , ou, 11l’on veut, son peu de génie, car c’éít ainsi qu’on traite le mépris de lagrandeur , lui procura ce qu’il souhaitoit. II vécut tranquille, il vécutlong-tems , & ne mourut que fous le règne de la Reine Anne , aprèsavoir vû des révolutions presque semblables à celles que son père avoitcausées. Le Parlement qui le dégrada, établit que la juítice se rendroitdéformais dans les Tribunaux au nom des Conservateurs des libertésd’Angleterre. Les Officiers de l’Armée , la plûpart gagnés par Lambert,refusèrent de prêter serment de fidélité à ffa République, & de s’obligerà s’oppoíèr à Charles Stuard, ou même à tout autre particulier qui vou-droit monter fur le trône.

D’u n autre côté le Général Monk, qu’Olivier Cromwel avoit mis Memoîretà la tête des troupes d’Ecosse , déclara à son Armée , qu’il étoit résolu Hifhrìquerde s’opposer aux troupes d’Angleterre qui avoient usurpé le Gouverne- & cbrontlt.ment , & de marcher incessamment à Londres. II fit en même tems sarrêter ceux de ses Officiers , qu’il jugea peu favorables à ses desseins.

II s’empara de Barwick & de Leith , & fit savoir aux Officiers dela Flotte & au Parlement , qu’il alloit s’opposer à la tyrannie ,

& remettre le Gouvernement sur le pied qu’il avoit été établi par leursAncêtres , qui l’avoient cimenté de leur sang. Ses lettres firent d’a-bord peu d’impresiion. Lambert trouva même le secret de lui débaucherla meilleure partie de sa cavalerie , par le moyen des Députés qu’il luienvoyoit, sous prétexte d’accommodement. II n’y eut que Fairíax ,qui fit dire sous main à Monck , qu’il l’aísisteroit de tout son pouvoir.

Ce Fairfax avoit cessé de se mêler des affaires d’Etat , dès qu’il avoitvû Charles premier livré au Tribunal qui le fit périr ; toujours il s’étoitreproché les avantages qu’il avoit remportés à la tête des Parlementai-res fur ce Prince infortuné.

Cependant la flotte, la Ville de Portsmouth & la plûpart des Offi-ciers Irlandois qui servoient dans l’Armée d’Angleterre , í'e déclarèrentpour le Général Ecossois. Lambert fût mis à la Tour. Le Parlementavoit trouvé moyen de se décréditer. Ceux qui le composoient étoientabsolument divisés par rapport à la forme de Gouvernement qu’il fal-loit établir ; mais ils se défichent également du Général Monk, qui, sanss’expliquer , se contentoit de leur faire dire par ses Envoyés, qu’il nemarchoit que pour affermir leur autorité& pour maintenir la tranquil-lité publique. II arriva enfin à Londres. S’y voyant appuie par le peu-ple, qui ne pouvoit plus souffrir la tyrannie du Parlement, il obligea

M m m 2 les