DE LOUIS XIV. LIV. XXII. 46s
les. Ce Prince lui - méme, que le chagrin dévorait , & qui vouloit à ———»tout prix retourner en France , mettoit tout en oeuvre pour que l'on i6Ç9*ne l’abandonnât pas. Ses Agens à Madrid & à Fontarabie ne cessoient pwenées ,point de représenter sa situation fâcheuse & les engagemens qu’on avoit P a è- 46 .pris avec lui.
Dom Louis , qui étoit lié par ce qui avoit été arrêté à Paris, n’exi- Histoire degeoit rien , & se bornoit à des instances & à des prières, qu’il faifoit Ma%arìn ,au Cardinal d’intercéder auprès de son Maître. 11 lui répréientoit que tom ’ pas "ce point une fois ajusté, il n’y auroit plus de difficulté fur le reste; que S4 °‘le Prince ne souhaitoit que la bienveillance de son Souverain, & deretourner en France fans déshonneur , & dune manière convenable àfa naissance & à son titre de premier Prince du Sang. II s’étendit fortau long fur tous les exemples de la clémence des Rois de France à l'é-gard de ceux de leurs sujets qui s’étoient oubliés de leur devoir. II in-sista fort fur ce qu’on avoit fait à fégard du Prince de Conti, de Mr.de Turenne , du Maréchal d’Hocquincourt & du Comte du Doig-non, ajoutant , qu’il étoit assez ordinaire en France de remettre desemblables crimes , &' non-feulement d’en obtenir le pardon, mais aussid’en tirer avantage.
L e Cardinal picqué de ce qu’on établissoit pour maxime, que la rébel-lion n’étoit pas un crime en France , mais plutôt un moyen de faire facondition meilleure, répondit, que le Prince de Conti & le Maréchalde Turenne avoient imploré la clemence du Roi , & étoient revenusà son obéissance avec la dernière soumission , fans rien prétendre , &fans aucune autre condition que d’être rétablis dans l’honneur de fabienveillance , qu’à l’égard d’Hocquincourt & du Doignon, le Roi n’a-voit fait que ce que le bien de son service avoit requis ; qu’au reste ,il étoit vrai que les François s’emportoient avec plus de facilité à man-quer à leur devoir envers leur Souverain que les Espagnols , mais queles Rois bien loin de les convier par trop de bonté à tenir cette mau-vaise conduite, avoient toujours usé de la dernière rigueur quand lebien de leur service ne les avoit pas obligés d’en user autrement ; &qu’en cela on ne s’éloignoit point en France de la manière dont on enusoit en Espagne , où l’on ne manquoit jamais , quand on ne pouvoit
contenir les rébelles , de les rechercher en leur offrant non-feulementle pardon , mais de nouveaux privilèges ; témoins les Catalans , lesPortugais , sur-tout les Hollandois , qui ayant soutenu leur entreprisejusqu’àu bout , avoient été enfin reconnus pour Etats libres.
L e Ministre d’Espagne ne se rendit point à ces raisons. II parla enco- bs Cardinalre plus fortement pour la satisfaction du Prince, disant que l’honneur ^ aza f' nde son Maître y étoit engagé de sorte , qu’il n’étoit pas possible de lesauver autrement. II demanda enfin qu’on dit nettement ce qu’il pour- paix des Pi.roit espérer à cet égard. Mazarin alors , pour reconnoître au vrai le 49 .
fonds du coeur de Dom Louis, feignit de s’emporter , & lui dit avec dU
force & d’un ton élevé ; Monsieur, vous me parlez avec trop de fran- Mamrin ,
Tom, II. Nnn chifè