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Tome second.
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HISTOIRE

166O.

Vie abrégéedu Fonda-teur de laTrape.

Tom. ç.t*>g- 60 .

Retour de laCour à Mar-seille.

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Charge de Grand Maître de la Maison dn Roi, qu’il avoit rendue à sonneveu le Duc d’Enguien.

Ce fût à cette occasion qu’on commença à diminuer presque entiè-rement l’autorité des Gouverneurs de Provinces, & à les réduire au titre& aux appointemens de leurs Charges. C’étoit un usage & une espè-ce de droit, qu’ils donnassent les Gouvernemens particuliers. Parla ilsétoient les Maîtres, & pouvoient à leur gré disposer de leur Province,qui n’étoit soumise au Roi qu’autant qu’ils l’étoient eux - mêmes. Endonnant au Prince de Conti le Gouvernement du Languedoc, tous lesGouvernemens particuliers, que le Duc d’Orléans avoit donnés à ses créa-tures , leur furent ôtés ; on les donna, on les vendit à d’autres.

Cette mort produisit une conversion éclatante, &, si je puis-le di-re fort féconde. L’Abbé de Rancé étoit prémier Aumônier de Gaston. 11s’étoit fait Prêtre dans l’intention d’être Coadjuteur de l’Archevêque deTours son Oncle. II étoit jeune , & les attaches du monde font souventoublier les devoirs de la profession qu’on a embrassée. 11 s’étoit beau-coup écarté du bon chemin. A'la vûë de son Maître mourant Dieucommença à le toucher, & comme les esprits vifs prennent feu plus ai-sément que ceux qui sont lents, il fe porta à abandonner le monde &à embrasser la vertu , avec bien plus d’ardeur qu’il n’en avoit eu pourles déréglemens. II avoit une Abbaye nommée la Trape, dans le Per-che ; il la tenoit en Commande ; il demanda permission au Roi de la te-nir en Règle, ce qui lui fût accordé pour fa personne seulement ; il sefit Religieux de l’étroite observance de St. Bernard. 11 fût député de toutela Réforme pour aller à Rome. II y fit connoître sa piété & sa grande ha-bileté; de manière qu’on le regarda comme .un digne successeur de St.Bernard. A son retour, il mit ion Abbaye sur le pied où étoit cet Or-dre du tems de son Fondateur. „ Leur vie est telle , dit Mademoiselle„ de Montpensier, que je crois que si Saint Bernard revenoit, il refor-„ meroit la Trape dans fa manière de sévérité, autant que tout l’Ordrej, de Cîteaux en a besoin dans le relâchement de la sienne

Les quatre premières années de la retraite de l’Abbé de Rancé selassèrent sans qu’on entendît parler de lui, tant fa solitude étoit grande.Dieu, qui s’est voulu servir de cet exemple pour toucher les gens qui: ont dans les mêmes engagemens où il avoit été, permit, au grand re-gret de ce solitaire, que íâ vie & ses vertus ne demeurassent pas ensé-vélies dans son Abbaye. II devint bientôt l’admiration de toutes les per-sonnes de piété, & la terreur de ceux qui ne l’imitoient pas dans sonamour de la retraite & de la pénitence. Sa réputation devint si écla-tante , qu’on commença à le décrier en le faisant passer pour Janséniste,sans autre preuve que la sévérité de sa morale pour lui-même & pourses Religieux.

Apre' s avoir séjourné quinze jours à Aix, la Cour se rendit à Tou-lon. Le Roi visita le Port & les Galères, & fit mettre en liberté tous les for-çats Espagnols, Napolitains , Siciliens & autres sujets du Roi d’Es-

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