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Tome troisieme.
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HISTOIRE

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SUSSSES Malgré' cette querelle, qui n’étoit pas de nature à être íì-tót ou-1661. bliée, le Surintendant donna à son ennemi des entrées particulières,Colbcrt prin- q U ’il n’accordoit qu’à í'es meilleurs amis. Colbert en profita, & ne man-ment de fâ % a P as âans ses conversations de lui faire remarquer la confiance en-perte. tière que le Roi avoit en lui. Ce Prince, pour appuyer les discours deibid,pag.i66. Colbert, qui lui en rendoit un compte exact, ne parloit que du Sur-intendant , l’envoïoit chercher à tous momens, décidoit par son avis,fans consulter d’autres Ministres, une infinité de petites choses. II luiaccordoit toutes les grâces qu’il lui demandoit, & reçut avec des distinc-tions très-particulières l’Evêque d’Agde, son frère, pour Maître de sonoratoire.

Ibid. 167. Colbert faisoit valoir toutes ces circonstances. Fouquet per-suadé , juroit qu’il donneroit sa vie pour le Roi. J’en ferois autant, re-prit un jour Colbert ; mais à quoi fervent les paroles ? II n’y a pas unfol à l’Epargne , & vous savez combien les moyens extraordinaires fontdifficiles & dangereux. Dans une autre conversation, on parla d’uneCharge de Président à mortier, dont Fieubet, Chancelier de la Reine-mère avoit offert dix-huit cent mille livres. Fouquet dit, que s’il vou-loit, il n’en auroit guères moins de la sienne, & que le même Fieubet

Gourviïït , lui en avoit offert quinze cent mille livres. Mais, reprit Colbert, est-ce

tom. 1. pag. que vous la voudriez vendre ? II est vrai qu’elle vous est assez inutile,

^77. & qu’un Surintendant Ministre n’a pas le tems de revoir des procès.

tom.ZTpag. Fouquet enivré de la belle action qu’il croioit faire, alla un jour

igi’ ' ' remettre fa Charge ; on le prit au mot, elle fût donnée pour onze cent

mille livres à Achille de Harlai depuis prémier Président.

Dissimula- Cette négociation, ou plutôt, cette comédie dura jusqu’au mois

clois^tom*’ àoût. Le Surintendant parut encore redoutable quoiqu’ii n’eût plus depag.i6% m ' 1 ' droit à la protection du Parlement. On n’ósa le faire arrêter, ni a Paris,Bujjì , tom. 2. ni à Fontainebleau ; jamais on ne prit tant de mesures pour arrêter unpag. 169. Prince du sang. Le Conseil étoit alors extrêmement timide. On fit

faire au Prince des démarches bien singulières, car la dissimulation fûtpoussée bien au-delà des bornes ordinaires ; j’ôserois presque dire qu’ellele fût jusqu’à une espèce d’excès. On engagea ce malheureux Courti-san à donner une fête à son Souverain. Elle surpassa celles qu’on avoitdonnées à Fontainebleau aux Reines & à Mademoiselle de la Valière. Ontrouva à Vaux une nouvelle allée de grands arbres transportés avecune promptitude incroïable , & par - conséquent avec une dépense pro-digieuse. Un Théâtre étoit au fonds éclaire par les arbres, qui parois-soìent autant de lustres; on y réprésenta pour la prémière fois les Fâ-cheux de Molière. La Comédie fût suivie du Bal, le Bal d’un feud’ar-tifice. Enfin le régal fût pareil au spectacle ; il surpassa tout ce qu’onavoit vû jusqu’alors en ce genre.

cboîsy, tom.i. O n a prétendu qu’on avoit eu dessein de faire arrêter ce Ministrepag. 169. dans fa propre maison, au-milieu des concerts & de la bonne chère,Mtmtg at , q U ’ 0 n pouvoit appeller une preuve parlante de la dissipation des Fi-nances ;