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Tome troisieme.
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DE LOUIS XIV. LIV. XXIV. 29

On y voit un Génie à la manière des Anciens. II porte entre ses ——bras, fur une toilette semée de fleurs de Lys, un enfant qu’il regarde 1661.avec complaisance & avec attention. La Légende, Félix GalliarumGenius, signifie, Pleureux Génie Je la France. L’Exergue, Nata-lis Delphini. I. Novembris M. DC. LXI. NaiJJance du Dau-phin , le premier novembre , 1661.

Madame de Montausier avoit été destinée pour être Gouvernante Caractère dede reniant qui devoit naître. Ce choix, que le Prince avoit fait de son & Gouver-propre mouvement, fût universellement approuvé. C’étoit la Fille dela Marquise de Rambouillet, si célébrée dans les Lettres de Voiture. Elle t om. $àg.avoit été élevée dans le grand monde, & avoit vû non-seulement les 249.beaux-Esprits du tems, mais les plus déliés Courtisans. Elle étoit d’unepolitesse achevée ; son défaut étoit d’en avoir trop , & de traiter égale-ment bien ses amis & ceux qui ne l’étoient pas. Elle s’étoit mariée n’é-tant plus jeune, avec le Marquis de Montausier, qui l'avoit aimée qua-torze ans avant que de I’épouser. Cette Dame ne haïfsoit pas la Cour ;elle fouhaitoit l’approbation générale, & plus ardemment encore l'esti-me de ceux qui avoient du crédit ; on peut dire même qu’elle avoit uneardeur extraordinaire pour tout ce qui s’appelle faveur. Son esprit étoitcultivé. Accoutumée à une vie un peu agitée , on craignoit qu’elle nefût plus propre à bien ordonner une Assemblée de plaisir, qu’à garderexactement un berceau. Son mari eût part à son élévation. 11 fût d’a-bord fait Chevalier du St. Esprit, ensuite Duc, & enfin Gouverneurdes Enfans de France. Ces deux personnes ont eu le talent de lè faireestimer, par des sentimens d’honneur, par une exacte probité, parbeaucoup de piété même, avec laquelle elles ont eu autant d’ardeur pourla fortune, & autant de complaisance pour les passions de leur Maître,que les moins dévots.

Avant la fin de cette année, le Conseil du Roi avoit pris une for- Forme dume stable. Le Tellier, Lionne & Colbert étoient les trois Ministres ; le Gouverne,prémier étoit Sécrétaire d’Etat & chargé des affaires de la guerre ; Lion- ™fo,ù g íat,ne avoit le département des affaires étrangères; Colbert gouvernoit les tom. 4. $ag.Finances, en forte qu’il en étoit le maître ; il fût bientôt après Sécré- 269.taire d’Etat, avec le département de la Maison du Roi & de la Marine,

& la Surintendance des bâtimens. Ces trois hommes paroissoient sages& modestes ; ils cachoient leur crédit ; ils ne souffraient point qu’onleur fît la Cour ; ils se rendoient au Conseil sans fuite, Colbert, lur-tout,y venoit toûjours seul avec un sac de velours noir sous le bras. 11s di-soient fans cesse qu’ils ne pouvoient rien, qu’ils n’étoient que de simplesCommis, que le Roi ordonnoit tout, décidoit de tout, & qu’ils ne fai-soient qu’exécuter ses volontés. Le Prince confirmoit leurs discours parla manière dont ils les traitait, afin de les tenir toûjours dans la soû-miflìon & dans la modestie.

O N renouvella la Ligue du Rhin , & l’Archevêque de Trêves y en- Négocia-tra. On fit avec ce Prince un traité particulier, pour régler quelques lg

U 3 disfì- matiqutjom.