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HISTOIRE
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Caractère duPrince qu’eLle refuse.MémoiresHijioriquesS? Chronolo-giques.
Charles second Roi d’Angleterre dans le tems de ses disgrâces. Moins ri-che elle eût été plus heureuse, elle eût du-moins fait un meilleur per-sonnage , & plus fortable à fa naissance ; un peu moins de vanité & unpeu plus d’ambition, elle n’eût pas soit tant d’attention fur les partisqu’on lui proposa tant de fois. Son refus en cette occasion , & l’impru-dence qu’elle eût d’écrire au Chevalier de Charni son frère naturel, quiétoit alors en Espagne, une lettre , où elle faisoit de cruelles railleries duPrince qu’on lui deítinoit pour Epoux, lui attirèrent un ordre de se re-tirer à St. Fargeau. Deux ans d’exil ne purent la changer.
I l faut pourtant avouer, que so résistance étoit fondée , & que lePrince , qu’on vouloit lui faire épouser, étoit d’un étrange caractère. IIn’avoit presque rien d’humain que la figure ; jamais Prince n’eût de plusmauvaises inclinations. II a volt donné toute so confiance à un nomméAntoine de Conti, qui étant venu de Ventimiglia fur la Côte de Geneslever une petite boutique à Lisbonne , avoit trouvé le secret de gagnerles bonnes-graces du jeune Roi, & l’entretenoit dans ses désordres. LaReine so mère , Louïfe Françoise de Guzman , voyant que tous les aver-tissemens étoient inutiles , prit enfin le parti de faire arrêter ce Mar-chand & son frère, avec trois autres hommes de cette espèce. On sesaisit d’eux le seize juin , & on les embarqua aussitôt pour le Brésil. Al-
Í ihonfe ne l’eût pas plûtôt appris , qu’il entra dans une espèce de fureur.1 parut se modérer ; quelques jours après il sortit de Lisbonne, se re-tira à Alcantara avec le Comte de Castel-Melhor, & quelques autres quine valoient pas mieux que les Conti; on le pressa en vain de revenir,il ne se rendit qu’à la promesse , que la Reine so mère lui fit de lui aban-donner le Gouvernement de l’Etat. II avoit l’âge prescrit par les Loixpour régner, il ne lui manquoit que la capacité.
D e's qu’il eût l’autorité en main , il en fit l’usage qu’on avoit prévû.Les anciens Ministres furent disgraciés ; les serviteurs de 1’Infant Pedroson frère maltraités, les confidens de la Reine bannis. On la traita d’a-bord elle-même avec beaucoup d’indifférence, ensuite avec un méprisvisible ; enfin elle fût obligée de se retirer. Alphonse ne garda plus demesures dans ses déréglemens. II leva deux espèces de Compagnies degens aussi effrénés que lui ; il n’y eût plus de sûreté dans les rues deLisbonne, où Ton couroit plus de risque la nuit que sur les grandschemins & dans les forêts. Quand il étoit las de battre & d’inlulterles passons, il alloit passer le reste de la nuit avec des femmes perdues ;quelques-fois on lui en menoit dans une Maison de Campagne. Ses fa-voris l’engageoient à ces honteuses débauches par une monstrueuse po-litique , afin de dissiper le bruit qui couroit déjà, qu’il étoit incapable dedonner des héritiers à la Couronne.
C’ en étoit soit du Portugal, & les Espagnols Teussent infailliblementsoûmis, si ce Prince insensé & ses favoris se tussent mêlés des affaires dela guerre ; mais contens de se livrer sons pudeur & sans retenue à la cor-ruption de leur coeur, ils en laissèrent le soin au Général François, qui
leçon-