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Pape, elle s’efforçoit de rejetter la faute fur les François ; elle exagérait les >——»démarches qu’on avoit faites pour satisfaire le Duc de Créqui; enfin elle 1662.tâchoit de persuader qu’il n’y avoit pas d’autre parti à prendre, que de secontenter des réparations que la Cour de Rome voudrait bien donner.
La dépêche du Cardinal Chigi n’étoit qu’une déclamation; la réla- Desmaretz ,don du fàitétoit remplie de fausseté & de déguisement. Le procès ver- Vreuvet^pag.bal, qui tendoit à excuser les Corses, du-moins à prouver que les excès pag.20.commis par les François avoient occasionné cette violence inoiiie, con-tenois plusieurs faits, quelques-uns vrais, plusieurs douteux, mal-prou-vés, attribués injustement à des François, mais tous , excepté Paffaire de laPatrouille, fort peu considérables.
C e fût fur ces Papiers que roula la conférence entre le Nonce & de On confèreLionne Sécrétaire d’Etat pour les affaires étrangères. Le Prélat rendit bu.
fa Cause la meilleure qu’il lui fût possible. II insinua, que les Corses 49.
n’avoient que repoussé les insultes ; que la nuit les avoit empêché de íbù. Preu -reconnoître les carosses de l’Ambassadrice ; il voulut faire passer les moin- *", î°*
dres démarches de la Cour de Rome pour des réparations authentiques.
II parla du Bref comme d’une chose au-dessus de tout ce qu’on pouvoitattendre, & dont on ne trouverait aucun exemple„dans les Régistres dela Chancellerie Romaine. II fe plaignit] de Parmement de P Ambassa-deur ; il pria qu’on l’aidát à détromper le Roi des fausses impressionsqu’on lui avoit données par rapport au fonds de cette affaire, & con-tre les bonnes intentions du Pape.
D e . Lionne répondit, qu’il s’étonnoit qu’on pût parler de Fattentatdes Corses comme d’un accident; qu’il y avoit des preuves du contrai-re ; que si le Roi son Maître fe trouvoit obligé de laisser agir ses ressen-timens, il saurait bien distinguer les auteurs de cette offence d’avec leSt. Siège & la personne du Pape ; qu’on ne se porterait jamais à aucunaccommodement fans une réparation aussi marquée que Pavoit été Pou-drage ; qu’on aimerait mieux ne recevoir aucune satisfaction, que de fecontenter d’une médiocre; & qu’alors ce serait aux auteurs du mal àpenser, si leurs intérêts fe trouveraient toûjours confondus avec ceuxdu St. Siège. Que le châtiment des Corses, que le Pape se devoit àlui-même, ne serait pas compté pour une satisfaction ; qu’à l’égard decette soldatesque, on ne pouvoit pas qualifier les uns de coupables, lesautres d’innocens, comme on le tâisoit à Rome, puisque tous avoientmarché en armes avec leurs Officiers à leur tète pour investir le Palaisde l’Ambassadeur, & que s’ils l’avoient fait fans ordre, comme on lejrétendoit, ils étoient également coupables. Rajouta, que les diligencesì fort exagérées n’étoient au fonds que de vaines démonstrations ; quea punition d’un seul Corse fur le champ eût été une marque bien pluscertaine de la considération du Pape pour le Roi ; qu’il falloit les avoirinvestis dans leur quartier, fans leur donner le tems & les moïens des’évader, afin de fe mettre hors .d’état de les punir, & d’impofer auPublic par l’établissement d’un Tribunal extraordinaire pour châtier descoupables qu’on n’avoit plus entre ses mains.
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