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Tome troisieme.
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DE LOUIS XIV. LIV. XXV. 79

Venise. Enfin on écrivit à l’Àbbé de Bourlemont, qu’après avoir éprou- ——vé quatre mois durant la mauvaise foi & les artifices des Parens & des 1662.Ministres du Pape, on avoit pris la résolution de n’entendre plus a au- Besmaretl ,cun accommodement ; qu’il allât donc remercier le Cardinal d’Arragon, Histoire, $ag.l’Ambassadeur de Venise & celui de Malthe des peines qu’ils avoient pri- x 9 î-ses dans tout le cours de cette affaire , & qu’après cela il sortît de l’ÉtatEcclésiastique. Telle étoit la situation de cette affaire intéressante à la finde cette année; nous la reprendrons fous la suivante, après que nousaurons raconté divers autres événemens.

O n a vû les plaisirs suivre le Monarque par-tout où il portoit ses pas ; La Cour estnon-seulement il faisoit lui-même de grandes dépenses, mais il y enga- brillante, &geoit ses sujets les plus distingués. La misère pourtant désoloit la Fran- [“le j^Roïau-ce. Deux années stériles de fuite y avoient produit la famine & rendu me .le pain extrêmement cher. A la vérité on y donna ses attentions. Onfit venir des bleds qu’on distribua aux pauvres ; mais ces foins, pour laplus grande partie, í’e terminèrent à la Capitale, dont on appréhendoittoujours les mouvemens.

J e ne puis m’empêcher d’observer à cette occasion, combien il est Facilité deétrange, que la France, qui est un païs de bled, soit exposée à ressen-tir les tristes effets de la disette. II sembleroit qu’avec un peu d’attention p r "nce.de la part de ceux qui gouvernent, il seroit facile d’éviter ce malheur.

A Rome, le bled y est toujours à un prix raisonnable ; ce que le Gou-vernement gagne quand la récolte est abondante, le met en état de sup-pléer à la stérilité d’une mauvaise année. Les Provinces-unies ne pro-duisent pas du bled autant qu’il en faudroit pour nourrir la dixième par-tie de leurs habitans ; le pain toutefois n’y est jamais assez cher, pourque le menu peuple soit hors d’état d’en acheter. Les mêmes arrange-mens, bien plus faciles à prendre en France, que dans les païs dont jeviens de parler, produiroient les mêmes effets.

Qu o 1 qu’i l en soit, parmi sos Médailles de ce Règne , on en voltune , où la Charité, réprésentée par une femme, distribue des pains à uneautre femme & à deux petits enfans. f La Légende, Famés Pietate f Voïez lePrincipis Sublevata , signifie, que la famine fût adoucie par la bonté N°. XII.du Prince ; & non pas, comme l’a traduit l’Académie, La France préser-vée de la famine par la bonté paternelle du Roi p

Apparemment à cause de la sévérité , dont on avoit usé à l’égard Edit contredu Comte de boissons, qui avoit été exilé Tannée précédente pour avoir les Duëls>voulu fe battre en Duel avec le Duc de Navailles, on frappa aussi unemagnifique Médaille, On y voit la Justice au milieu de quatre hommesétendus par terre ; ils ont encore l’épée à la main. La Déesse les regar-de d’un air menaçant, & leur annonce le supplice qu’ils ont mérité parleur combat criminel, f La Légende, Justitia optimi PniNci- fi V<à Ispis , & 1 Exergue, Singuiarium certaminum furor coer-N°.citus 1662. signifient, la fifice du Prince a arrêté la fureur des Duels,

Cette action est grande, & j’ôíè dire que c’est la plus glorieuse de ce

Règne.