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Tome troisieme.
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ii8 HISTOIRE DE LOUIS XIV. LIV. XXVI.

l66z.

On donne dusecours con-tre lesTurcs.Montglat ,t ont. 4. j pag.

278.

Le Comte deColigni leconduit.

Suffi, Mé-moires , tom.

a.p. an.

Tom. s. pag.

278.

„ pris & mortifié de la voir si peu ressemblante à ses portraits. Elle ajoute,„ que ce mariage avoit été seffet des intrigues de Madame Douairière,„ qui avoit cru la chagriner en mettant fa sœur dans une place qui pou-,) voit lui convenir “. II eít vrai, que cette Princesse elle-même, pour évi-ter le mariage qu’on lui avoit proposé avec Alphonse Roi de Portugal,s’étoit offerte pour l’Alliance de Savoie ; mais qu’on l’avoit refusée.

Apres quelques jours de deuil, les plaisirs recommencèrent. L’arri-vée duComte de Strozzi, que l’Empereur envoya en France demander dusecours contre le Turc, ne servit qu’à leur donner un nouvel agrément.Tout ce qui étoit grand & extraordinaire plaisoit à Louis quatorze ; il 11ebalança point à accorder quatre mille hommes de pied & deux millechevaux. L’infanterie alla s’embarquer fur le Danube, qu’elle descen-dit jusqu’à Vienne ; les deux mille chevaux furent tirés de la Cavaleriequi avoit été envoyée en Italie pour agir contre le Pape, mais où ellen’étoit plus nécessaire depuis le traité de Pise; ils traversèrent les Etatsde la République de Venise pour se rendre dans la Carinthie. L’envoide ce secours étoit d’autant plus généreux, qu’on n’avoit aucune liaisonparticulière avec l’Empereur ; qu’on avoit plus d’une raison de souhai-ter de le voir affoibli; qu’envoyer des troupes si loin, c’etoit en quel-que forte les sacrifier. Mais on en avoit tant, & on souhaitoit si fortde faire montre de sa puissance, qu’on n’écouta aucune de ces raisons.D’ailleurs dans ses démêlés avec le Pape, on avoit dit si souvent qu’onne souhaitoit de les terminer que pour être en état d’agir contre l’enne-mi commun, que c’eût été en quelque forte se déshonorer soi-même quede refuser le secours qu’on demandoit.

On donna pour Chef à cette petite Armée le Comte de Coligni Lieu-tenant-général ; Mr. de la Persillade fût son Maréchal de Camp. Il eûtpouvoir de remplir toutes les places vacantes, ce qui n’avoit jamais étéaccordé à aucun Général. On voit dans Buífi une de ses Lettres, oùil dit qu’il avoit donné deux Compagnies de Chevaux - legers, & qu’ilavoit été bien tenté d’en prendre une pour lui, en imitant celui qui sefit Pape. Ce choix étonna toute la Cour. Ce n’est pas qu’il y eût dansle Roïaume des Officiers plus braves & de plus grande qualité que lui ;mais il avoit toujours été attaché au Prince de Coudé, & avoit refuséles plus grands établissemens pour demeurer dans son parti. Le Cardi-nal Mazarin lui avoit fait offrir fa nièce Hortense avec tous ses biens.„ Mais ce choix, dit le Marquis de Montglat, fût fait pour faire dépit au„ Prince, dont Coligni s’étoit séparé avec aigreur, parce qu’il lui avoit„ préféré le jeune Guitaut pour le faire Cordon-Bleu u . On verrabientôt les suites de cette expédition, & le peu de sujet qu’on eût d’ê-tre content de l’Empereur.

Fiu du Livre Fïngt-Jìxième.

HIS-