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HISTOIRE
■n— » ™» son secret, méme à l’égard du Comte d’Estrades. On lui manda au1667. commencement de mars qu’il pouvoit dire à Mr. de'Wit, que la mort duT>’Estrades , Roi d’Ëfpagne paroissant fort éloignée & fort incertaine , il sembloit êtretom.^.pag. àors de saison de prendre des mesures de lì loin ; cependant, que com-77 ‘ me on étoit tous mortels, on entendroit volontiers à la proposition si
cette mort arrivoit, & qu’on feroit voir par la modération de sa con-duite , qu’on n’avoit pas les vastes desseins de tout engloutir , commedes personnes mal-intentionnées le publioient.
L a continuation des préparatifs augmenta les inquiétudes des Hollan-dois. On étoit persuadé que la France alloit faire la guerre à l’Espag-ne ; que cette prémière Couronne étoit d’accord avec l’Angleterre , quetous les mouvemens qu’on fe donnoit pour fixer le lieu où la paix setraiteroit , n’étoient que pour sauver les apparences ; de tous côtés onle reprochoit à l’Ambassadeur à la Haïe. 11 répondoit, comme il étoitibìd. pag. 89. vrai, qu’il n’avoit aucune connoissance de ce qu’on lui disoit. „ J’ai„ mis moi-même Mr. de Wit fur ces bruits, écrivoit-il à Mr. de Lion-„ ne le dix-sept mars ; il m’a répondu assez froidement , fans vouloir„ entrer en matière, & m’a seulement dit qu’il feroit le dernier qui lecroi-„ roit ; mais que les apparences d’une rupture avec l’Espagne étoient gran-„ des. Ce que je vous en mande , Monsieur, ajoutoit l’Ambassadeur , n’est„ pas pour pénétrer vôtre sentiment là-dessus; mais pour vous rendre comp-„ te, comme mon devoir m’y oblige , de tout ce que j’apprens “.
On leur pro- P o u r calmer ces inquiétudes, le Comte d’Estrades eût ordre du Roimet qu’on même , de déclarer qu’il n’entreprendroit rien pour les droits de la Rei-ó ra"Hensáns ne ^ ans en ùonner avis aux Etats ; qu’il ne rechercheroit jamais le trou-leur en don- ble de gaieté de cœur, ne désirant que la raison & la justice ; que quandner avis. on lui feroit des propositions qui pussent seulement être tolérables, ilD’Estrades, f ero }(- CO nnoître qu’il avoit beaucoup plus de modération que ses en-169! 4 vieux ne le publioient. La Lettre qui contenoit cette déclaration étoitdu vingt-neuf d’avril.
Peu de jours L e neuf du mois suivant, ce Prince écrivit aux Etats pour leur faireaprès on leur entendre , comme à ses bons & véritables amis & Alliés, la résolution ,^a'lêteds'fon Hu’après un long L manifeste déni de justice, son bonneur & son in-fluée. térêt l’avoient enfin forcé de prendre pour le soutien des droits de laIb. pag. 193, Reine son Epouse & de son fils le Dauphin. „ Nous chargeons à cet-„ te fin nôtre Ambassadeur, ajoutoit le Monarque, de vous commun!-„ quer un Ecrit , que nous avons fait mettre au jour pour faire con-„ noitre à toute la Chrétienté l’évidence de nos raisons , & une copie,, de la Lettre que nous écrivons aujourd’hui à nôtre très chère sœur„ la Reine d’Espagne. Vous verrez dans la prémière Pièce les fonde-„ mens incontestables de nôtre conduite, & que fans vouloir rompre la„ paix , ni rien prétendre ou désirer du bien d’autrui, toutes nos pen-„ lées ne tendent qu’à nous tirer nous-mêmes d’oppreffion , par un effort„ de nos armes, ou par un accommodement raisonnable , auquel on„ nous trouvera toujours fort disposés
La