DE LOUIS XIV. LIV. XXX.
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Chamilli pour parler aux Magistrats. Un Officier Espagnol l’arrêta en- >tre deux ponts-levis, lui dit qu’on ne pouvoit leur parler , & qu’il 1667.avoit ordre de recevoir toutes les paroles qu’on voudroit leur porter.
Comme on ne favoit jusqu’où alloit la consternation de cette Ville, onne pensa point à l’attaquer. Louis content de ses succès retourna àParis au commencement de septembre, il y fût reçu comme en triom-phe. Tous les Corps le complimentèrent & s’estorcèrent de se surpasserl’un l’autre par la beauté de leurs harangues. Les Connoisseurs pourtanttrouvoient bien à reprendre dans la conduite de cette Campagne st glo-rieuse. Le Marquis de Montglat prétend , que st on eût marché droit à Tom. 4. pag fBruxelles, au-lieu de s’arrêter à rétablir Charleroi, on s’en fût rendu 2 99 «
Maître, & que le trouble eût été st grand qu’il eût entraîné la pertede tout le reste. II ajoûte , que dans la foiblesse où étoient les Espag-nols , dans le désordre de leurs affaires & la consternation de leurs peu- . -
pies, les conquêtes pouvoient être poussées bien plus avant st ellesavoient été bien conduites ; mais que Dieu, qui met des bornes auxEmpires , ne le permit pas.
MR.de Feuquières s’explique plus en détail. II remarque qu’avant Fautes pcn-la publication des Manifestes, ou , ce qui revient au-même , avant la â°mt cettedéclaration de guerre, on auroit dû faire des levées considérables d’in-sauterie ; qu’il étoit facile de le faire fans éclat, qu’il n’y avoit qu’à tom , a . pàg.faire païer les soldats effectifs qu’un Capitaine auroit levés d’une revûë 41» '' i[1 ade Commissaire à l’autre , après quoi, à l’ouverture de la Campagne , ^ tâà,,on auroit dédoublé les Compagnies, pour avoir de-quoi garnir les Pla- YbVpag. 4,.ces qu’on devoit prendre, fans cesser d’être en état de continuer sesconquêtes. II remarque encore , qu’il falloit faire agir les Armées plusefficacément ; que les Espagnols aïant peu de troupes , leurs Placesétant dans un état pitoïable , il falloit marcher à Bruxelles ; que cetteCapitale hors d’état de foûtenir un siège , auroit ouvert ses portes ;que les autres Villes fans défense en auroient fait de même ; que laréduction de Bruxelles & des autres Villes qui l’environnent emportoitcelle des tribunaux & des bourses , & que la conquête de tous les Païs-Bas n’auroit pas plus coûté de tems que celles qu’on avoit faites ; qu’au-lieu de prendre ce parti décisif, on avoit perdu trois semaines à répa-rer Charleroi ; que dans la fuite de la Campagne on avoit pris des Vil-les qui ne décidoient de rien pour la conquête des Païs-Bas , & queces entreprises avoient même été interrompues par deux absences , quele Roi fit pour aller voir fa Maîtresse, qu’il avoit fait approcher aveGla Reine, fous prétexte de montrer cette Princesse à ses nouveaux sujets.
Il est aisé de blâmer. Ces Messieurs n’ont pas fait attention qu’on nevouloit point s’emparer de tous les Païs-Bas ; fur-tout qu’on ne vouloir a?> ’point s’emparer de la partie voisine des Provinces-Unies. C’est du-moinsce qu’on fit fort valoir auprès des Etats-Généraux, en les assûrant quec’étoit uniquement par considération pour eux qu’on 11’avoit fait que lamoindre partie de ce qu’on auroit pû faire.
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