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Tome troisieme.
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D E L O U I S XI Y. LIV. XXX. 2S*

de plus grandes avances & apporter de plus grandes facilités au réta-blissement du repos public ; & si après cela aucun Prince ou Potentat peut,avec la moindre apparence de raison ou de justice, songer à former desligues contre ses desseins, comme tendant à la Monarchie universelle, ouseulement à la conquête des Païs-Bas.

Ces grands efforts de modération furent reçus à la Haïe avec beau-coup de froideur. Le Pensionnaire dit, qu’il étoit d'avis de conten-ter le Roi très-Chrêtien, mais qu’il étoit obligé de ménager les espritsde la Hollande ; qu’avant l’irruption dans les Païs-Bas, on étoit disposéà pousser les Espagnols en cas de refus de leur part ; mais qu’actuëlle-inent onze Villes étoient portées à recevoir leurs offres, assez considé-rables pour partager les affections des peuples, & de ceux à qui ils con-voient leur autorité.

Que pour ce qui étoit de rompre avec l’Espagne, en cas qu’elle re-fusât les conditions spécifiées dans le Mémoire, il n’en avoit parlé quede lui - même, mais non de la part des Etats. Qu’avant la guerre ileût pû se faire fort de toute la Hollande ; qu’actuëllement il ne pou-voit compter fur quatre Villes; qu’il lui falloit du tems pour remet-tre les esprits dans l’affiette où ils étoient il y avoit trois ou quatremois. Que l’affaire du Portugal étoit étrangère à celle dont il étoitquestion. Que si 1 accommodement ne confirmoit la renonciation fur lesautres parties de la Monarchie d’Espagne, ses Maîtres seroient toujoursdans de justes inquiétudes.

Ces réponses déplurent extrêmement à la Cour de France, où l’onne pouvoit concevoir qu’on parût seulement douter de la justice de laguerre qu’on faisoit, & de la grande modération qu’on témoignoit en secontentant de deux ou trois Provinces. On s’étoit même attendu à degrands remercimens de la part du Pensionnaire de Hollande.

J e souhaite sincèrement la paix, écrivoit Louis quatorze à son „Ambassadeur à la Haïe. J’ai prouvé démonstrativement cette vérité „par l’acceptation entière de la proposition qu’on m’a faite ; j’ai même „offert de sacrifier mes espérances au repos public, me contentant de „ce que j’ai occupé, & qu’on ne m’ótera pas aisément. Si toutes ces „avances & ces facilités ne suffisent pas pour retenir mes Alliés, j’es- „père que je serai suffisamment justifié devant Dieu & devant les Hom- „mes, des résolutions que je pourrai prendre. Je veux pourtant croire »encore que les Etats, qui ont entre leurs mains la sûreté de la paix s’ils „veulent seulement parler avec fermeté aux Espagnols, prendront plûtôt „le parti de l’honneur, de la bonne-foi, de la gratitude & de leur véri- „table intérêt, qui est , fans doute, de se tenir inséparablement attachés à „cette Couronne, que de les exposer tous, fans nécessité à une nouvelle „guerre, dont le succès demeurera toûjours fort incertain ; quand même la „plus grande partie des autres Puissances se seroient liguées contre moi “.

De part Sc d’autre on dissimula ses vûës, ses ressentimens & ses ap-préhensions. On fouhaitoit de rester unis, mais au même tems, on2orne Jls, N n vou-

1667 -

On n’en eftpoint con-tent à laHaïe.

D'Estrades ,tom. 5 . pag.54 .

Ibid. pag. ( >>.

Mécontente-ment de laCour deFrance.

Ibid. pag. 64 .