HISTOIRE
296
„ V o u s la trouverez, très Saint Père, dans les différends qui font1667. „ arrivés ensuite des célèbres Constitutions de vos Prédécesseurs , tou-
„ chant les cinq propositions. Elles ont été reçues & publiées avec un„ même respect par tous les Evêques de France , qui feront toujours„ gloire d’avoir autant de soumission que personne pour le’St. Siège„ Apostolique , & d’être aussi religieux observateurs de ses Décrets.„ Que si quelques-uns de nos Confrères ontvété accusés de n’avoir pas eu„ assez de déférence pour ces Constitutions , vôtre Sainteté reconnoî-„ tra aisément que c’est injustement qu’on les en accuse. L’éminente„ vertu de ces Evêques, oblige leurs ennemis mêmes de reconnoître„ qu’ils font un des plus grands ornemens de nôtre Ordre , & qu’il n’y„ en a point qui édifient d’avantage l’Eglise, qui veillent avec plus de„ soin au salut des âmes qui leur sont commises , qui s’acquitent plus„ parfaitement des devoirs de la Charge Episcopale. Mais ce que nous„ pouvons assurer de plus , est qu’ils mettent une grande partie de leur„ piété à avoir pour le Siège Apostolique les fentimens de respect &„ de déférence auxquels ils sont obligés, & à révérer très sincèrement„ la suprême dignité de Vicaire de Jésus-Christ.
„ Et c’est envain , très St. Père, qu’on les accuse d’y avoir manqué,„ dans les Mandemens qu’ils ont faits pour la signature du Formulaire.„ 11 n’y a rien de plus injuste & de plus mal-fondé que ce reproche ;„ car qu’y a-t’il dans ces Mandemens qui s’éloigne tant soit peu ou„ de la règle de la Doctrine Catholique, ou de ìa révérence qui est duë„ à la Chaire de St. Pierre ?
„ I l s’étoit trouvé des gens parmi nous, qui avoient eu la hardiesse„ de publier ce Dogme nouveau & inoûi, que les Décrets, que l’Eglise„ fait pour décider les faits qui arrivent de jour en jour, & que Dieu„ n’a point révélés , étoient certains & infaillibles, & qu’ainsi l’on de-„ volt avoir la foi de ces faits , auísi-bien que des Dogmes révélés de„ Dieu dans l’Ecriture ou dans la Traduction ; & les mêmes personnes„ qui avoient introduit ce Dogme, qui est également condamné par„ tous les Théologiens anciens & nouveaux , avoient la témérité de3 , l’établir par la Constitution de vôtre Prédécesseur.
„ CL s Evêques, dont il s'agit. voulant s’opposer à ce mal, &rémé-„ dier aussi aux scrupules de quelques-uns, ont cru devoir établir dans„ leurs Mandemens la Doctrine très commune & très certaine qui est„ opposée à une erreur si manifeste ; savoir, que l’Eglise ne définit„ point avec une certitude entière & infaillible , ces faits humains„ que Dieu n’a point révélés ; & qu’ainsi, tout ce qu’elle exige des„ fidèles en ces rencontres , est qu’ils aient pour ses Décrets le respect„ qu’ils doivent.
„ Qu’y a-t’il, très St. Père, dans cette Doctrine qui soit injurieux„ au St. Siège, & qui ne soit plutôt très conforme à la Religion & à„ la piété ; puisque non-seulement les plus grands vénérateurs duw Siège Apostolique , les Cardinaux Baronius , Beílarmin , Palavi-
cin