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Tome troisieme.
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DE LOUIS XIV. LIV. XXXII. 3 n

cher en partie jusqu’où alloit son opposition à l’aggrandissement de laFrance. Après-tout elle ne leur étoit pas particulière ; ce qui prouveque si on estime un Conquérant, on ne l’aime point. De tous côtés onchercha de l’appui. L’Empereur s’unit étroitement au Roi de Suède & àl’Electeur de Saxe ; le Duc de Savoie contracta une Alliance particu-lière avec PAngleterre; cette Couronne s’unit autant qu’elle le pût avecle Dannemark ; le Portugal termina ses différends avec la Hollande ; lacrainte qu’inspiroit la puissance & le caractère du Roi très-Chrêtien suí-pendoittous les ressentimens, & de toutes parts on ne pensoitqu’à l’empê-cher d’exécuter les desseins, qu'on ne doutoit pas qu’il n’eût formés.

C e Prince ne s’oublioitpas de son côté. Outre ses mesures secrettespour ruiner la triple Alliance, en lui ôtant PAngleterre, il pensa às’ouvrir un chemin pour pénétrer en Hollande quand il le jugeroit àpropos, fans passer fur les Terres d’Espagne. Maximilien Henri deBavière étoit Electeur de Cologne; le Prince Guillaume de Furstembergle gouvernoit ; on le gagna, & par son moïen on conclut avec l’Elec-teur un traité d’Alliance ; il fût ligné à Paris le seize lévrier. Les grandsavantages qu’on y accordoit à ce Prince prouvent sensiblement combienon souhaitoit de savoir de son côté.

S a Majesté très-Chrêtienne, diíoit le préambule , aïant éprouvé „les avantages qui provenoient de P Alliance du Rhin , pour le bien „& repos de toute l’AUemagne & la prospérité de ses propres Etats, „après avoir fait connoitre au Séréniffime Electeur de Cologne le désir „qu’elle avoit de rester dans cette Alliance avec les mêmes Princes entre „lesquels elle avoit été conclue, & même de la proroger encore pour „quelques années, & avoir témoigné qu’attendu qu’il se trouvoit de la „part de quelque-uns des difficultés, que Sa Majesté ne pouvoit fur- „monter, elle étoit encore prête de la renouveller avec ceux à qui el- „le seroit agréable. Et d’autre part, son Altesse Electorale n’aïant pas moins „reconnu combien cette Alliance étoit avantageuse pour la sûreté del’Em- „pire & pour le profit de ceux qui la composoient, & ainsi souhaitant de „la maintenir & de la conserver , on étoit convenu des Articles suivans. „

I. Son Altesse Electorale fera toûjours prête de renouveller ladite „Confédération toutes les fois que les autres Princes, qui en font les „Membres, ou tous, ou quelques-uns d’entr’eux y donneront leur con- „lentement. Elle promet de plus à Sa Majesté, que quand trois, ou, „du-moins, deux Princes d’Allemagne voudront faire une nouvelle AI- „liance avec Sa Majesté à-peu-près de même nature que celle-ci, Ion „Altesse Electorale y donnera les mains aux mêmes conditions. „

II. S a Majesté , pour donner aussi de fa part au Séréniffime Elec- „teur des marques de fa bienveillance & de son amitié, lui fournira du „secours contre tous les Princes, qui, sous quelque prétexte que ce „soit, l’attaqueront. „

III. S a Majesté n’étant présentement embarasse'e d’aucune guerre, „envolera au susdit Electeur, pour s’en servir en telle manière qu’il „

Tome III, Y y „ lui

1669.

Traité de laFrance avecl’Electeur dtìCologne.

Corpi Diplo-matique,tom»7 , Pari. 1 .pag. icj.

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