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Tome troisieme.
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DE LOUIS XIV. LIV. XXXII. Ks

Jupiter Hospitalier, orné à l’antique de têtes de bélier , & d’un aiglequi dans ses serres porte un foudre. Au-dessus, deux mains qui se tien- 1669»nent, sont le symbole de la Concorde ; le tout est surpassé d’une Cou-ronne Roïale. La Légende , HospitiumRegibus , signifie , quela France est l'azìle r cf la retraite des Rois. L’Exergue marque qu’en ef-fet Casimir Roi de Pologne s’y retira cette année.

Ce Prince mourut à Nevers en mille six cent soixante & treize dans lePalais Abbatial de St. Martin , & déclara pour son unique héritière laPrincesse Palatine soeur de fa défunte Epouse. Avec de grandes qualités,de la valeur , de la sagesse, de la bonté, il n’eût presque que du cha-grin sur le trône ; il le soutint tandis que son Epouse vécut; dès qu’elle fûtmorte, il y succomba, & laissa aux Polonois le soin de se donner un Maître.

S on exemple ne rebuta point les Prétendans. Trois entr’autres se Cbav*g*tac,déclarèrent & partagèrent quelque tems les suffrages ; c’étoit le Prince de P a ê- a 99 -Coudé , le Duc de Neubourg & le Neveu du vieux Duc de Lorraine.

Tous trois étoient dignes de la Couronne qu’ils souhaitoient, le Princede Coudé sur-tout ; ses victoires dévoient parler bien-haut en fa saveurà un peuple guerrier, que le voisinage du Turc & des Moscovitesoblige d’avoir presque toujours les armes à la main. II eût d’abordpresque toutes les voix ; mais l'Empereur & les autres Puissances qui lecraignoient en qualité d’un des plus grands Capitaines de son siècle, &qui ne l’aimoient point en qualité de François, firent jouer tant de res-sorts , inspirèrent tant de soupçons , tant de défiances , qu’il fût formel-lement exclus. On a dit aussi, qu’en France même on craignoit son vkdeCmâé,Election , & qu’o n ne le soutint pas autant qu’on l’auroit pû faire. í 4 S 19-

L e Comte de Chavagnac qui étoit alors en Pologne , chargé , à cequ’il dit dans ses Mémoires , de faire réussir les prétentions du Prince Char- Pag. 304.les de Lorraine, raconte , qu’un nommé Petreski, qui avoit été autre-fois Jésuite , le vint trouver à quatre heures du matin & lui offrit defaire exclure le Prince de Coudé. C’étoit un malheureux, dit-il, maisplein d’esprit; il refusa cet offre ; il lui donna cependant cent Ducats.

Petreski étoit excellent Orateur ; c’étoit à lui à parler le prémier ; il fitvoir que le Prince de Coudé devoit être exclus , pour avoir subor-né par son argent toute la Noblesse & plus de la moitié des Sénateurs.

A l’instant, c’est Chavagnac! qui parle , il s’éleva mille voix qui „disoient qu’il le falloit exclure, & cette multitude fans raison marcha „au Sénat le sabre à la main, & dit au Primat qu’il falloit exclure „

Coudé, comme un Corbeau; c’est la manière dont on exclut les Pré- „tendans qui sont convaincus d’avoir acheté les suffrages. Celui-ci, „qui avoit protesté de se faire crucifier plûtót qu’un autre fût élu Roi, ,,sentit diminuer son zèle à l’aspect de mille épées prêtes à le percer. „

On en usa de même avec Sobieski, avec le Grand Chancelier, & l’ex- „clusion fût signée ".

Cette narration a tout l’air d’une fable. Cen’estpas la feule qui soitdans ces Mémoires; si peu exacts d’ailleurs, que des faits dont l’Auteur

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