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Tome troisieme.
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DE LOUIS XIV. LIV* XXXII. içj

qu’il engageroit le Prince de Lorraine à signer un traité Contre l’Empe- —«àà ,reur. Sobieski avoit oublié de comprendre le Chevalier d’Arquien son 1669.Beau-frère dans le traité qu’il avoit fait ; pour réparer cet oubli , la Gran-de Maréchale fit différer l’fîlection. Le Palatin de Podolie, qu’elle avoitgagné, proposa un Piaste , c’ett-à-dire un homme du Pais , croïant que •cette proposition causeroit des désordres qui forceroient de différer l'E-lection au lendemain. Le contraire arriva , fa proposition fût applau-die ; tous crièrent Piaste. Quelqu’un voulut crier Neubourg, il fût sa-bré. Le Grand Maréchal volant le tumulte , voulut se retirer; mais quel-ques Escadrons envoies pour le sabrer le forcèrent de revenir. Le Chan-celier voulut haranguer , on lui tira un coup de mousqueton qui luiperça sa robe. Les autres Sénateurs en furent effraies , & les mutinschoisirent "Wiesnowiski, qui étoit si pauvre, que lui Chavagnac , quatre chavagnac,jours auparavant, lui avoit fait donner deux cens écus. Le choix d’un pag, \zi.Piaste étoit pourtant une affaire préparée ; le Vice-Chancelier avoitmêtne composé un Livre, où il prouvoit que ce choix étoit honora-ble , avantageux & nécessaire à la Nation.

L’H 1 s t o r 1 e n des Rois de Pologne a écrit, qu’on préféra Michel Korì-but au Duc de Neubourg & au Prince Charles de Lorraine qui étoientfur les rangs, parce qu’on jugea que leur naissance les attachoit tropétroitement à l’Empereur ; que d’ailleurs leur famille étoit nombreuse .

& que la République ne vouloit pas s’en charger. II est vrai que leDuc de Neubourg avoit plusieurs enfans, mais le Prince de Lorrai-ne n’en avoit point alors ; il n’étoit pas même marié , & conséquem-ment sa famille ne pouvoit être à charge à la Pologne.

Qu o 1 qu’i l en soit, l’Evêque de Beziers Ambassadeur de France, de-puis Cardinal de Bonzi, eût tout l’honneur de cette affaire , & renditun très grand service. Dans les circonstances, un Roi de Pologne dé-voué à l’Empereur, héritier présomptif de la Lorraine, & qui auroit eu à van-ger sur la h rance tous les mauvais traitemens que fa Maison prétendoiten avoir reçus , auroit du-moins été le sujet d’une grande inquiétude.

Les négociations pour désunir la triple Alliance ne réussirent pas aussi con-

promptement qu’on l’auroit souhaité ; on jugea à propos d’emploïer y 0Ì Y a en 'canlune partie des troupes à une expédition étrangère. Les Vénitiens à.étoient encore en guerre avec le Turc; ils s’y étoient engagés de~ Quìncy, tom.concert avec l’Empereur ; ce Prince avoit fait fa paix particulière & y. pa ^' e 2 s 9 t 4 ‘les avoit laissés dans l’embaras ; leur courage , leur sage conduite les j^dréMont-avoient soutenus contre cet ennemi formidable ; Sc malgré l’inégalité de brun, Editionleurs forces, ils avoient remporté de grandes victoires. Ces succès Paris,i 698.n’avoient point empêché leurs ennemis de faire fur eux des conquêtes, testamentDepuis vingt-trois ans ils aíliégeoient Candie Capitale de l’Isle de ce nom. politique deCe liège duroit encore, mais fans de puissans secours, que cette Répu- Coibert,pag.blique étoit hors d’état de fournir, il devoit bientôt finir. Elle s’a- 2 ?°-dressa à toutes les Puissances Catholiques ; la France feule f écouta favo-rablement. Le cinquième juin, le Duc de Navailles s’embarqua à Toulon

Y y 3 à