HISTOIRE
1671.Oppositionde Coìbert &de Louvois.
Tarn. 7.
Part 1 . $ag.
12.4.
Leurs difFé-icntes vûës.
tgîne deguerre en-la Polo-; & leire.
floire de’flgne.émoiresstoriqitesChromais -
d'mile aux soldats , que la vieillesse ou les blessures auront mis hors d'étatde servir.
C e projet vint du Ministre de la guerre , qui, ennemi du Contróleur-général, s’eiforçoit de Pembarasser en engageant le Roi dans de nou-velles dépenses. Outre que l’envie , dont ils étoient tous deux possédésd’avoir la plus grande part à la faveur & à la confiance de leur Maître,rendoit leur union impoflìble ; de Louvois étoit extrêmement piqué dece que Colbert lui avoit fait ôter les Postes étrangères. Il les avoit de-mandées comme une legère gratification. Colbert, qui en connut bien-tôt l'importance , fit connoître que c’étoit une'affaire de cinq où sixmillions par an ; le don fût révoqué & changé en une pension annuellede soixante ou quatre-vingt mille livres. On peut voir dans le CorpsDiplomatique , fous l’an mille six cent foixante-neuf, un traité concluavec la Ville d’Amsterdam & la Zéélande au nom du Marquis de Lou-vois ; il fera aisé de comprendre la vérité de f observation qui chagrinasi-fort ce Ministre.
L’o p p o s 1 t 1 on de ces deux Ministres ne fût point ignorée de leur Maî-tre. II les estimoit & les croioit nécessaires à son service; il les gou-verna de manière qu’il les empêcha d’éclater, & s’obscrva jusqu’au pointde leur laisser ignorer lequel il préféroit à l’autre ; même confiance pource qui regardoit leurs différens emplois, même attention à leur fortune,même profusion de bienfaits. Cependant leurs caractères étoient tout-à-fait différens. Sous un Prince moins belliqueux, Colbert auroit rendu laFrance aussi heureuse qu’elle pourroit l’être , eu égard à la richesse deson fonds, à la multitude de ses habitans & à fa situation avantageusesur les deux Mers. II aimoit les Arts & le Commerce ; il les iávorisoitautant qu’il lui étoit possible. De Louvois, au-contraire, fans s’emba-rasser du bien public & du bonheur des peuples, ne pensoit qu’à rendreson poste considérable; & comme il ne le pouvoitétre pendant la paix,son principal soin fût de la bannir. II n’y réussit que trop. A la vé-rité, il avoit pour son Emploi des talens admirables. Son activité, faprévenance paissaient tout ce qu’on peut dire : heureuse la France , &même l’Europe, s’il avoit eu moins de génie, & que ses prémières en-treprises n’eussent pas eu de si grands succès !
Cette année fût fatale à la Pologne, par le commencement d’uneguerre avec les Turcs, qui lui coûta bien du sang. Après l’abdicationde Casimir, le Grand Duc prétendit à la Couronne. Dorozenco, Géné-ral des Cosaques s’étoit déclaré pour lui. N’aïant pû réussir, il forma ledessein de perdre fa patrie. II alla à Constantinople solliciter le Sultande s’emparer de fUkraine, & s’engagea de lui en remettre d’abord lesmeilleures Places. La proposition fût reçue avec joie. L’oisiveté de laMilice étoit pour elle une occasion à fréquentes révoltes ; le GrandSeigneur fût bien-aifié de lui donner de l’occupation. Les Tartares eu-rent ordre de se joindre aux Cosaques pour commencer les hostilités,en attendant s Armée qui devoit les joindre. 11s s’avancèrent vers Bra-
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