D E L O U I S X I V. L I V. X X X I V. 4 f f
Tout ce que l’Electeur possédoit dans la Westphalie fût pris & rava-gé ; on s’empara de Ravensberg, d’Hervord , de Bilefeld. II faisoit unfroid excessif ; la terre étoit fi dure qu’on ne pouvoit ouvrir la tranchée,il falloit essuïer à découvert le feu de la moufquéterie & du canon desassiégés. Les soldats ne fe plaignoient ni ne fe rebutoient point ; leurGénéral présent par-tout les animoit, en partageant leurs fatigues & ens’expofant comme eux. Son nom étoit devenu si formidable dans lesArmées ennemies, qu’elles fuioient à son approche & ne croioient riend’impossible à ses troupes. On raconte meme qu’au passage du Wefer,il y eût une dispute fort vive entre les troupes Impériales & Brande-bourgeoifes à qui ne resteroit point exposé à la poursuite des troupesFrançoifes. Quarante de ses Dragons, qu’il avoit envoies reconnoîtrele Pais autour de Paderborn, forcèrent un passage gardé par un Régi-ment de Cuirassiers Impériaux, en tuèrent quinze ou seize, mirent lesautres en fuite , entrèrent dans leur quartier, le pillèrent, le brûlèrent,& fe retirèrent fans avoir perdu un seul homme.
L e Château de Berkenbaum gardé par deux cens Allemands fût em-porté d’assaut par cent hommes du Régiment du Roi, commandés par leMarquis de Bourlemont. Les ennemis vinrent dès le jour même l’atta-quer, au nombre de quatorze cent ; tous leurs efforts furent inutiles,ils fe retirèrent avec grande perte.
A u commencement de mars, le Vicomte s’avança jufqu’à la Villed’Oxter, où il y avoit un pont de pierre fur le Wefer ; il s’en empara,fit construire deux autres ponts & poursuivit l’ennemi dans l’Evêchéd’Rildesheim. Les deux Armées, Impériale & Electorale, avoient déjàruiné ce Pais ; ne pouvant y subsister elles voulurent s’étendre dans labasse Saxe ; mais les Ducs de Brunswick, de Lunebourg, de Wolfem-butel défendoient l’entrée de leurs Pais avec une Armée de douze millehommes. Alors ces troupes fugitives fe séparèrent. Celles de l’Empe-reur le retirèrent vers la fin de mars dans la Franconie, & celles del’Electeur de Brandebourg dans la Principauté d’Halberstat. L’Electeurpassa l’Elbe k Magdebourg & fe réfugia dans fa Capitale.
Il ne s’y crut pas en sûreté. Touché de la misère de ses peuples,il fe détermina, malgré Rattachement sincère qu’il avoit pour la Républi-que , à abandonner fa défense ; du-moins il feignit de le faire pour fedélivrer du Vicomte, qui le réduifoit à l’extrémité & auroit bien-tôtachevé de le dépouiller de ses Etats. Son accommodement fe fit par lamédiation du Duc de Neubourg, que l’efpérance de la Couronne dePologne attachoit k la France.
Apre' s que Monsieur le Duc de Neubourg, difoit le préambule „du traité, a eu tait connaître au Roi le désir qu’auroit Monsieur l’Elec- „teur de Brandebourg de rétablir la prémière Alliance qu’il a ci-devant „euë avec Sa Majesté, & qui auroit été altérée depuis quelque tems par les „traités qu il auroit fait avec les Etats-Généraux, & par les armes qu’il au- „roit prises en leur faveur, on est convenu des Articles fuivans.
1673.
Ses Terrespillées.Neuville,tom.4 179 -
Ouìncy, torrt,1. pag. 546.
Basnage,tom.2. pag, j go.
II est forcéde renoncerà l’Alliancede la Hollan-de.
Le Clerc,tom,ì.pag, ;;i.
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