DE LOUIS XIV. LIV. XXXIV. 457
que toute cette affaire Ecclésiastique sera réglée selon l’accord fait „ !sur ce sujet entre l’Electeur de Brandebourg & le Duc de Neu- „bourg. ,,
VIII. S a Majesté promet que toutes contributions & exactions „cesseront depuis le dixième du mois d’avril, & qu’on n’en pourra „lever ni exiger aucune qui auroient été imposées ou qui seroient „échues depuis ce tems-là. Sa Majesté ne prendra plus aucun quar- »tier ou passage fans le consentement dudit Electeur & sans dédom- »niager ses sujets de la charge qu’ils en pourraient souffrir. „
IX. L’Electexjr se réservoit la liberté de défendre l'Empire s’il „étoit attaqué ; mais Sa Majésté ne devoit pas être censée attaquer ledit „Empire, si elle se trouvoit obligée de porter ses armes en Allemagne „contre tout Prince qui voudroit l’attaquer , ou donner assistance à ses „ennemis contre le traité de Munster. „
X. O n promettoit de faire agréer au Roi de la Grande-Brétagne, „que tout le passé fût oublié & que la prémière amitié & intelligence Mfût rétablie. „
XI. On s’engageoit de faire comprendre l’Electeur dans le traité „de paix qui pourroitse faire avec les Etats-Géne'raux, & de 1 assister Sc „le garantir contre tous ceux dont il pourroit être attaqué , à cause „ou à l’occasion de cet accommodement. „
XII. PouRl'assûrer qu’en rétablistànt avec lui la prémière amitié, „on vouloit encore prendre en lui la même confiance qu’on avoit euë ,»autrefois, 011 l’assûroit qu’on l’admettroit dans la Médiation de la paix „qui se traiterait avec les Etats-Généraux, lorsque les affaires de l’Em- „pire auroient été pleinement accommodées ".
C e traité, s’il avoit été soutenu , auroit été aussi utile à la Francequ’il lui étoit glorieux ; mais en Rattachant à tenir toujours de grossesgarnisons dans les Villes prises fur la Hollande, on se mit hors d’étatde donner au Vicomte de Turenne une Armée capable de pousser cel-le de l’Empereur & d’empêcher fa jonction avec celle du Prince d’O-range. Cette faute fit perdre à la France la plûpart de ses Alliés ,& l’Electeur de Brandebourg manqua à ses engagemens dès qu’il crutle pouvoir faire fans danger.
PouRRA-t’on le croire ? ces grands succès du Vicomte de Turennelui attirèrent la haine & les persécutions du Sécrétaire d’Etat de la guerre,parce que c’étoit malgré lui qu’il les avoit eu. Ce Ministre lui avoitfait donner ordre à la fin de décembre, de mettre ses troupes en quartierd’hiver dans l’Alsace & dans la Lorraine. Le Général plus habile , &peut-être plus fidèle , réprésenta que s’il cessoit de poursuivre l’ennemi, 1 E-lecteur de Cologne & l’Evêque de Munster accablés par les troupes Im-périales & Brandebourgeoises, quitteraient infailliblement le parti de laFrance, Malgré ces répréfentations si judicieuses, & que le nom seulde celui qui les faisoit devoit rendre respectables, ce Ministre impérieuxlui écrivit durement qu’il risquoit de faire périr son Armée dans une sai-Tom ///. M m m son
1673.
Traité inuti-le , & pour-quoi.
Le Vicomt*de Turennechagriné,nulgré sesprodigieuxsuccès.
Vie de Tu -renne,tom. j.pag. 2)7.