fo8
HISTOIRE
1 ( 574 -
31 court ris-que d’êtreencore bat-tu.
f Voïez leM*. LXXX.
Le Comte deSouches fau-ve l’Arméedes Alliés.
F enquières,tom. ì, yug,ZI2.
tendroit pas dans ses lignes & qu’il viendroit au-devant de lui. En par-tant du Pont d’Efpierres il se mit en disposition de combattre , s’il étoitnécessaire , & fit fa marche avec toutes les attentions possibles. II ar-riva le vingt de septembre vers la fin du jour à la vúë des ennemis.Il avoit cru encore que le Prince d’Orange se seroit posté sur la hau-teur , qu'il avoit négligé de renfermer dans ses lignes de circonvallation.II s’étoit trompé, & avoit pensé trop favorablement de la capacité deson ennemi ; il trouva ce poste important abandonné. Quelqu’enviequ’il eût de s’y placer, n’aïant avec lui que la tête de son Armée, iln’ófa le tenter ; il craignoit que l’ennemi reconnoiísant la faute qu’il avoitfaite de n’avoir pas étendu ses lignes jusques fur ces hauteurs, ou de nes’y être pas mis en bataille au bruit de fa marche, ne sortît avec unCorps supérieur, ne l’en chassât & ne s’y établît.
Ainsi pour ne pas faire connoître qu’il eût aucun dessein fur ceshauteurs, il défendit qu’on y parût. 11 feignit de porter toutes ses attentionsvers le quartier de l’Escault qui étoit à gauche de la circonvallation ; maisdès que la nuit fût venue, & que le reste de son Armée l’eût joint, ilfit occuper ces hauteurs par l’aîle gauche de fa cavalerie & par quelquesBataillons. Dans cette disposition il attendit le jour , pour reconnoître lefront de la ligne que les hauteurs lui avoient caché. Le Prince d’Orange,qui n’avoit entrepris ce siège que dans la vaine confiance que les Françoisn’étoient pas en état de s’y opposer, ne songea qu’à le lever. Un brouil-lard des plus épais, qui ne se dissipa que bien avant dans la matinée , fa-vorisa fa retraite & le sauva d’une défaite , que sa présomption & son peud’expérience avoient rendue presqu’immanquable.
L a levée de ce siège étoit du-moins aussi glorieuse & bien plus utileque la journée de Seneff. Aussi fût-elle gravée fur le bronze, f La Vic-toire y est répréíentée marchant avec une extrême vitesse. Elle tientd’une main une Couronne & de l’autre un Javelot, pour marquer qu’el-le poursuit les mêmes ennemis qu’elle venoit de vaincre. La Légen-de , Victoria opifera, & l’Exergue , Aldenarda obsidio-ne liberata, signifient, que la levée du Jiège d^Oudenarde fût une fuitede la Viílone de Seneff.
L e Prince de Coudé auroit bien voulu suivre cette Armée, qui seretiroit dans un très-grand désordre ; mais le Comte de Souches, quicommandoit les troupes Impériales, l’en empêcha avec beaucoup decapacité. Ce Général fit une contre-marche, &, se servant de la situa-tion du terrein, fit faire le crochet à sa cavalerie , & la mit en bataillesur une hauteur qui se trouvoit derrière l’Armée Françoise, dont ellen’étoit séparée que par un petit ruisseau , qui couloit entre les deux hau-teurs. Ce ne fût que ce mouvement lavant & judicieux qui épargna auxAlliés la honte d’une défaite , qui auroit mis le comble à celle de la le-vée de ce siège.
On fefait un plaisir de rapporter ce trait si glorieux au Comte deSouches, pour réparer fa réputation, que dans les Mémoires de Chava-
gnac