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Tome troisieme.
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HISTOIRE

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—— étoient de profondes ravines, l’infanterie Espagnole y étoit en embusca-1 674 . de. La Garde avancée du Duc de St. Germain, suivant ses ordres,s’enfuit dès qu’elle eût vû la cavalerie Françoise passer la rivière ; enpoursuivant les fuïards on tomba dans l’embuscade, la décharge de^infanterie tua beaucoup de monde. Le Bret pour se tirer du péril oùil s’étoit précipité, voulut faire quelque mouvement; mais il étoit malordonné, ou il fût mal exécuté, & le désordre augmenta loin de di-minuer.

L’Armée L e Comte de Schomberg averti de ce malheur, qui devoit entraî-

Françoife ner la perte de son Armée, eût besoin de toute son habileté. II s’ou-battue. vrit d’abord pour laisser passer les fuïards, que rien ne pouvoit arrêter ;Basnage,t°m. ^ pj a ç a ce q U ’ji avoit de vieilles troupes dans les défilés qui étoient en-• îag- 547- trg p on cam p & i a rivière, que l’ennemi avoit déjà passée. II l’arrêta demanière , qu’après être resté quelque tems en présence, chacun se retiradans son camp. La vanité de le Bret coûta aux troupes de Francehuit cent morts & quinze ou seize cent prisonniers. Cette faute, quin’avoit peut-être point d’exemple, ne fût point punie ; le crédit toutpuissant du Ministre de la guerre déroba le coupable au supplice qu’ilavoit mérité.

Cet échec, où presque toute la cavalerie Françoise avoit été passéepar les armes, auroit rendu le Comte de St. Germain maître de la Cam-pagne ; mais la révolution de Messine l’empêcha de se servir de sa supé-riorité ; loin d’entreprendre des conquêtes, il fût obligé de se retirer enCatalogne. Sa retraite étoit difficile. II avoit à passer les Pyrénées par unchemin où l’on ne peut marcher que quatre de front; pour Passûrer , ilfit courir le bruit qu’il alloit assiéger Collioure. Cette Place est fur lebord de la mer ; il pouvoit y aller fans passer la rivière dont l’ArméeFrançoise gardoit les passages. Guévara qui commandoit quelques vais-seaux d’Espagne, parut à sa prière sur cette Côte. Le Comte de Schom-berg crut que l’entreprise étoit sérieuse, il alla camper à Aine, sur le che-min de Morilles à Collioure. Sa marche fût tranquille ; il mit son infan-terie dans la Ville & fa cavalerie fur les fossés ; il fit travailler à réparerles brèches & mit promptement ce poste hors d’insulte. Pendant ce tems-là le Duc de St. Germain fe retira en Catalogne. Le reste de la Campa-gne on fe tint des deux côtés fur la défensive. Le peu de troupes quirestèrent au Général Espagnol, le peu de confiance qu’avoit le Général.François dans les siennes, fût cause de cette inaction.

L’Electeur L’Empereur, l’Espagne & la Hollande ne se sentant pas encore as-de Brande- fez forts pour résister à la France, & pour l’humilier autant qu’ils le sou-bourg avec haitoient, cherchèrent de nouveaux secours. A forces d’intrigues, d’of-ces U se décla- s res & de sollicitations, ils attirèrent à leur parti les Ducs de Zell, derent contre Lunebourg, de Brunswick, l’Evêque d’Osnabrug, le Landgrave de Hesse ;la France. l’Electeur de Brandebourg pour s’unir à eux viola les traités t^u’il avoitib. pag. h f a i ts avec i a France & avec la Suède. II s-étoit engagé à la première deorp ces Couronnes, de ne donner aucun secours à ses ennemis, & de souf-frir